Frise chronologique
VIIIe siècle
Fondation légendaire
Fondation légendaire
VIIIe siècle (≈ 850)
Attribuée à Bertrade de Laon, mère de Charlemagne
1150-1199
Construction initiale
Construction initiale
1150-1199 (≈ 1175)
Dirigée par les chanoines de Saint-Chéron
1428
Dommages pendant la guerre de Cent Ans
Dommages pendant la guerre de Cent Ans
1428 (≈ 1428)
Troupes de Salisbury détruisent les parties hautes
fin XVe siècle
Restauration et ajouts
Restauration et ajouts
fin XVe siècle (≈ 1595)
Chapelles latérales ajoutées après les dégâts
1641
Ajout des flèches asymétriques
Ajout des flèches asymétriques
1641 (≈ 1641)
Modification majeure de la silhouette
1648
Don du maître-autel
Don du maître-autel
1648 (≈ 1648)
Offert par Anne d'Autriche pour la chapelle
1689
Construction de la chapelle de la Vierge
Construction de la chapelle de la Vierge
1689 (≈ 1689)
Allongement de l'édifice à 50 mètres
1793-1795
Transformation en Temple de la Raison
Transformation en Temple de la Raison
1793-1795 (≈ 1794)
Utilisée comme prison pendant la Révolution
XIXe siècle
Restauration par l'abbé Gérard
Restauration par l'abbé Gérard
XIXe siècle (≈ 1865)
Sauvetage du monument en moins de dix ans
26 octobre 1967
Classement monument historique
Classement monument historique
26 octobre 1967 (≈ 1967)
Protection officielle de l'édifice et de son patrimoine
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Germain (cad. AT 409) : classement par arrêté du 26 octobre 1967
Personnages clés
| Bertrade de Laon - Fondatrice légendaire (VIIIe siècle) |
Mère de Charlemagne, associée à la première église |
| Anne d'Autriche - Mécène royale (XVIIe siècle) |
Offrit le maître-autel en 1648 |
| Marguerite-Louise d'Orléans - Grande-duchesse de Toscane |
Dona la châsse de saint Félicien en 1695 |
| Abbé Gérard - Restaurateur (XIXe siècle) |
Menait la réhabilitation de l'église ruinée |
| Guillaume de Chatillonville - Noble local (XIIIe siècle) |
Effigie sur une dalle funéraire conservée |
Origine et histoire
L'église Saint-Germain-d'Auxerre de Dourdan, dédiée à saint Germain l'Auxerrois, trouve ses origines au VIIIe siècle selon la tradition, avec une fondation attribuée à Bertrade de Laon, mère de Charlemagne. Sa construction actuelle débuta en 1150 sous l'égide des chanoines de Saint-Chéron, s'achevant au XIIe siècle. L'édifice, implanté en centre-ville face au château, domine la rive gauche de l'Orge et s'inscrit dans un ensemble urbain médiéval marqué par la place du Général-de-Gaulle et sa halle.
Au cours de la guerre de Cent Ans, les troupes de Salisbury endommagèrent gravement les parties hautes de l'église en 1428. Les restaurations, menées à la fin du XVe siècle, ajoutèrent des chapelles latérales et modifièrent sa structure. Les guerres de Religion aggraveront son état : les huguenots brûlèrent la toiture, brisèrent les vitraux, et fondirent les cloches pour fabriquer des boulets. Ces destructions reflètent les tensions religieuses qui déchirèrent la France au XVIe siècle.
Le XVIIe siècle marqua une période de renaissance pour l'édifice. En 1641, deux flèches asymétriques furent érigées, suivies en 1648 par l'ajout d'un maître-autel offert par Anne d'Autriche. La chapelle de la Vierge, construite en 1689, allongea l'église de quatorze mètres, portant sa longueur totale à cinquante mètres. Ces transformations illustrent l'influence du style baroque et le mécénat royal, tandis que Marguerite-Louise d'Orléans offrit en 1695 une châsse précieuse pour les reliques de saint Félicien.
La Révolution française convertit l'église en « Temple de la raison victorieuse », puis en prison jusqu'en 1795, reflétant la politique de déchristianisation de l'époque. Au XIXe siècle, l'abbé Gérard et les paroissiens restaurèrent l'édifice en moins de dix ans, sauvant un patrimoine presque ruiné. Depuis 1967, l'église est classée monument historique, préservant ainsi son héritage architectural et ses éléments remarquables, comme une vieille porte du XVe siècle inscrite dès 1965.
À l'intérieur, l'église abrite des trésors historiques : une dalle funéraire du XIIIe siècle ayant servi de pont pendant la Révolution, des portraits de curés depuis 1789, et un orgue classé de 1870. Les cloches, dont certaines datent de 1599 et 1778, sont également classées. Ces éléments témoignent de la richesse patrimoniale et des vicissitudes traversées par ce lieu de culte, aujourd'hui encore actif dans la vie religieuse et culturelle de Dourdan.