Frise chronologique
vers 1150
Fondation attribuée
Fondation attribuée
vers 1150 (≈ 1150)
Construction par Jourdain Ier de Barneville ou son père.
1449
Siège pendant la guerre de Cent Ans
Siège pendant la guerre de Cent Ans
1449 (≈ 1449)
Résistance écossaise face aux Anglais dans l'église.
XVe siècle
Fortification du clocher
Fortification du clocher
XVe siècle (≈ 1550)
Ajout de mâchicoulis et salle de garde.
1657-1658
Fondation de la chapelle Saint-Sébastien
Fondation de la chapelle Saint-Sébastien
1657-1658 (≈ 1658)
Don de François Pitteboult pour son entretien.
1891-1893
Restauration majeure
Restauration majeure
1891-1893 (≈ 1892)
Voûtement de la nef et reconstruction du chœur.
26 décembre 1906
Classement monument historique
Classement monument historique
26 décembre 1906 (≈ 1906)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Barneville : classement par arrêté du 26 décembre 1906
Personnages clés
| Roger de Barneville - Seigneur et fondateur présumé |
Mort en 1096 pendant la première croisade. |
| Jourdain Ier de Barneville - Seigneur et possible constructeur |
Agrandit le bourg vers 1150. |
| Robert de Mortain - Demi-frère de Guillaume le Conquérant |
Dona l'église à l'abbaye de Grestain en 1091. |
| Abbé Victor Louis Hamelin - Curé doyen au XIXe siècle |
Supervisa les travaux de restauration (1891-1893). |
| François Pitteboult - Seigneur de Graffard (XVIIe) |
Fonda une rente pour la chapelle Saint-Sébastien. |
| Pierre-Georges-François Pitteboult - Dernier seigneur de Graffard inhumé |
Enterré dans le chœur en 1764. |
Origine et histoire
L'église Saint-Germain de Barneville, située dans l'ancienne commune de Barneville-sur-Mer (aujourd'hui Barneville-Carteret, Manche), est un édifice religieux catholique fondé au XIIe siècle sous le vocable de Germain d'Auxerre. Sa construction est attribuée à Roger de Barneville († 1096) ou à son fils Jourdain Ier († vers 1150), qui agrandit le bourg et nécessita l'extension de l'église. Donnée à l'abbaye de Grestain par Robert de Mortain († 1091), demi-frère de Guillaume le Conquérant, elle devint un fief ecclésiastique perçant des rentes jusqu'à la Révolution. Son clocher-tour, typique des églises côtières du Cotentin, fut fortifié au XIVe siècle pendant la guerre de Cent Ans.
En 1449, lors de la reconquête de la Normandie par Charles VII, l'église servit de refuge à des soldats écossais résistants aux Anglais. Les remaniements majeurs eurent lieu aux XVe (voûtes gothiques), XVIIe (chapelle Saint-Sébastien), et surtout XIXe siècles (1891-1893), où l'abbé Hamelin supervisa la reconstruction partielle de la nef et du chœur. La tour, rehaussée et dotée de mâchicoulis, conserve des sarcophages réemployés en corbeaux, suggérant une origine pré-romane. La chapelle seigneuriale des Graffard, dédiée à saint Sébastien, abrite des vitraux illustrant la vie de Germain d'Auxerre.
L'édifice, classé monument historique en 1906, abrite un mobilier remarquable : un maître-autel du XVIIIe siècle, des statues de saint Sébastien (XVIe) et une Vierge à l'Enfant (XVIIIe). Le chœur servit de lieu de sépulture à la famille Pitteboult, seigneurs de Graffard, du XVIIe au XVIIIe siècle. Les six pierres tombales conservées et les inscriptions funéraires témoignent de son rôle social et religieux dans la communauté locale. Son plan rectangulaire, sans transept, et ses arcades romanes à chapiteaux historiés (Daniel dans la fosse aux lions, baptême du Christ) en font un exemple unique d'architecture religieuse normande.
La nef, initialement couverte d'une charpente plate, fut voûtée en croisée d'ogives en 1891, tandis que le porche ouest, reconstruit la même année, imite le style roman du bas-côté nord. La tour, accessible par la cinquième travée, abrite une salle de garde avec cheminée et trous de fusil, rappelant son usage défensif. Les bas-côtés, remaniés aux XVIIe et XIXe siècles, conservent des éléments médiévaux comme une porte bouchée (1726) réservée aux seigneurs. Les dîmes et droits de patronage, partagés entre l'abbé de Grestain et les seigneurs locaux, illustrent les liens féodaux de l'église jusqu'à la Révolution.
Les vitraux, dédiés à saint Germain d'Auxerre, et les chapiteaux romans à décor historié (scènes bibliques, bestiaire) soulignent son importance artistique. L'arc triomphal gothique, contrastant avec les chapiteaux romans, marque la transition entre les périodes architecturales. Les travaux du XIXe siècle, bien que controversés pour leur style pastiche, sauvèrent l'édifice de la ruine, tout en altérant partiellement son authenticité médiévale. Aujourd'hui, l'église reste un témoignage majeur de l'histoire religieuse et militaire du Cotentin.