Origine et histoire
L'église Saint-Germain de Mont-l'Évêque, située dans l'Oise en région Hauts-de-France, succède à un édifice attesté avant le XIe siècle, dont aucun vestige ne subsiste. Sa construction actuelle est attribuée à Guérin, évêque de Senlis, qui établit à Mont-l'Évêque la résidence rurale des évêques vers 1220. Les parties les plus anciennes, comme la nef et l’ancien croisillon nord, datent de cette époque, mais la guerre de Cent Ans endommage gravement l’édifice. Au XVIe siècle, une reconstruction majeure dans le style gothique flamboyant donne naissance au chœur, à ses collatéraux et au bas-côté nord, tandis que le clocher trapu est érigé en 1634.
Au XIXe siècle, des modifications néogothiques transforment l’intérieur, notamment avec l’ajout de fausses voûtes dans la nef et le bas-côté. L’église, inscrite aux monuments historiques en 1963, conserve des détails sculptés remarquables, comme les chapiteaux des grandes arcades ou les chimères du portail occidental. Son histoire est aussi liée à la famille de Pontalba, qui finance la redécoration du chœur au XIXe siècle, et à l’architecte Philippe Bruslé, chargé des travaux. Aujourd’hui, elle fait partie de la paroisse Saint-Rieul de Senlis et accueille des messes dominicales de mai à septembre.
Le plan de l’église, asymétrique et non orienté strictement à l’est, comprend une nef de quatre travées accompagnée d’un bas-côté nord, un chœur à trois travées se terminant par un chevet à trois pans, et deux collatéraux. Le chœur, plus élevé que la nef, se distingue par ses voûtes à liernes et tiercerons, tandis que la façade occidentale, sobre, cache une longueur inhabituelle pour un édifice rural. Les vitraux, majoritairement du XIXe siècle, mêlent styles néogothique et Renaissance, comme celui représentant saint Louis rendant la justice, présent aussi à la cathédrale de Senlis.
L’extérieur révèle une ornementation flamboyante, notamment sur les contreforts et les fenêtres du chœur, où des chimères et des réseaux sculptés animent les façades. Le clocher, bien que trapu, arbore des détails Renaissance, comme les baies en plein cintre de l’étage de beffroi ou les gargouilles baroques. À l’intérieur, la nef, initialement non voûtée, conserve des traces de son origine médiévale, tandis que le chœur, malgré quelques défauts esthétiques, impressionne par son élancement et la variété de ses voûtes. L’absence de mobilier classé contraste avec la richesse architecturale de l’édifice, dont la protection en 1963 souligne l’importance patrimoniale.
La localisation de l’église, en périphérie du village ancien de Mont-l’Évêque, reflète son rôle central dans la communauté locale, notamment après que Guérin, évêque de Senlis, en ait fait un lieu de prestige au XIIIe siècle. Le cimetière, transféré en 1832, et les pierres tombales encore visibles près des contreforts rappellent son ancrage dans la vie paroissiale. Les messes, célébrées de mai à septembre, perpétuent une tradition religieuse ininterrompue depuis le Moyen Âge, malgré les bouleversements liés à la Révolution française et aux réorganisations diocésaines du XIXe siècle.