Frise chronologique
XIIe siècle
Chapelle primitive
Chapelle primitive
XIIe siècle (≈ 1250)
Première mention d’un curé de Pantin.
30 avril 1662
Engagement de reconstruction
Engagement de reconstruction
30 avril 1662 (≈ 1662)
Abbé de Richelieu et curé Guillaume de Carlu.
23 juin 1664
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
23 juin 1664 (≈ 1664)
Par Pierre Forcoal, maître des requêtes.
1736-1737
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1736-1737 (≈ 1737)
Par Joachim Beausire, maître-maçon parisien.
29 décembre 1978
Classement monument historique
Classement monument historique
29 décembre 1978 (≈ 1978)
Sauve l’église de la démolition.
1982-1984
Consolidation des fondations
Consolidation des fondations
1982-1984 (≈ 1983)
Coût : 3,373 millions de francs.
1994
Reconstruction chapelle des jeunes
Reconstruction chapelle des jeunes
1994 (≈ 1994)
Avec espace Saint-Germain et logement.
2004
Restauration de l’orgue
Restauration de l’orgue
2004 (≈ 2004)
Ajout de six nouveaux jeux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Germain (cad. AI 65) : classement par arrêté du 29 décembre 1978
Personnages clés
| Michel Villedo - Maître d’œuvre |
A dressé les plans de l’église en 1662. |
| Pierre Forcoal - Maître des requêtes |
Pose la première pierre en 1664. |
| Joachim Beausire - Maître-maçon |
Reconstruit le clocher en 1737. |
| Léon Zack - Artiste |
Auteur de la tapisserie *Christ glorieux* (1960). |
| André Mathé - Curé de Pantin |
Commande la tapisserie de Zack en 1960. |
| Bertrand Kern - Maire de Pantin |
Pose la plaque monument historique en 2006. |
Origine et histoire
L’église Saint-Germain de Pantin trouve ses origines au XIIe siècle avec une chapelle primitive, mentionnée dès 1210 par un curé nommé Pierre. En 1649, une ordonnance royale interdit les offices pour raisons de sécurité, poussant à une reconstruction majeure. Le 30 avril 1662, l’abbé de Richelieu et le curé Guillaume de Carlu s’engagent à financer les réparations du chœur, tandis que les habitants prennent en charge la nef. Les plans, dressés par Michel Villedo, prévoient une structure en moellons et pierre de taille, avec des pilastres d’ordre dorique. La première pierre est posée le 23 juin 1664 par Pierre Forcoal, maître des requêtes, en présence des vicaires Guillaume de Carrelu et Nicolas Fermanel.
Les travaux, adjugés aux maçons parisiens Guillaume Huby et Michel Bernoin pour 12 500 livres, débutent dans un climat de tensions financières. Un litige de 25 ans oppose les habitants à l’abbé de Richelieu, aboutissant en 1689 à une sentence condamnant ce dernier à verser 2 000 livres. En 1736, le clocher menaçant ruine est reconstruit par Joachim Beausire, suivi en 1813 du transfert du cimetière adjacent. Au XIXe siècle, des aménagements comme le perron (1826) et l’installation de trois cloches (1825) complètent l’édifice, tandis que le presbytère attenant abrite logis, grange et écurie.
Au XXe siècle, l’église, devenue propriété de l’État en 1905, est menacée par l’instabilité du sol : un vide de 55 mètres est découvert sous ses fondations en 1971. Classée monument historique en 1978, elle bénéficie de campagnes de consolidation majeures à partir de 1982, incluant la reprise des fondations (1983-1984) et la restauration des vitraux (1991-1995). En 1994, la chapelle des jeunes est reconstruite pour 6 millions de francs, partagés entre l’État, la ville et le diocèse. Les travaux se poursuivent avec la réfection du porche (1996) et la restauration de l’orgue (2003-2004), marquant son ancrage durable dans le patrimoine local.
L’intérieur abrite depuis 1960 une tapisserie de Léon Zack, Christ glorieux, commandée par le curé André Mathé pour remplacer le retable démoli en 1959. Réalisée par l’atelier Plasse Le Caisne, elle symbolise la rénovation artistique de l’église. En 2006, une plaque monument historique est apposée par le maire Bertrand Kern, scellant son statut patrimonial. Cependant, l’église est aussi associée à des controverses récentes, comme la nomination en 2022 du prêtre Jacques Gagey, accusé d’agressions sexuelles, avant son retrait des fonctions.
Architecturalement, l’église allie des éléments du XVIIe siècle (nef et chœur d’ordre dorique) à des ajouts des XVIIIe et XIXe siècles (clocher, portail, clôture). Son classement en 1978 a permis de sauver l’édifice de la démolition, malgré des fissures structurelles liées à un sol instable. Les campagnes de restauration, financées par l’État, la région, le département et la commune, illustrent l’engagement collectif pour préserver ce témoin de l’histoire religieuse et urbaine de Pantin.