Origine et histoire de l'Église Saint-Germain
L’église Saint-Germain de Pantin trouve ses origines au XIIe siècle avec une chapelle primitive, mentionnée dès 1210 par un curé nommé Pierre. En 1649, une ordonnance royale interdit les offices pour raisons de sécurité, poussant à une reconstruction majeure. Le 30 avril 1662, l’abbé de Richelieu et le curé Guillaume de Carlu s’engagent à financer les réparations du chœur, tandis que les habitants prennent en charge la nef. Les plans, dressés par Michel Villedo, prévoient une structure en moellons et pierre de taille, avec des pilastres d’ordre dorique. La première pierre est posée le 23 juin 1664 par Pierre Forcoal, maître des requêtes, en présence des vicaires Guillaume de Carrelu et Nicolas Fermanel.
Les travaux, adjugés aux maçons parisiens Guillaume Huby et Michel Bernoin pour 12 500 livres, débutent dans un climat de tensions financières. Un litige de 25 ans oppose les habitants à l’abbé de Richelieu, aboutissant en 1689 à une sentence condamnant ce dernier à verser 2 000 livres. En 1736, le clocher menaçant ruine est reconstruit par Joachim Beausire, suivi en 1813 du transfert du cimetière adjacent. Au XIXe siècle, des aménagements comme le perron (1826) et l’installation de trois cloches (1825) complètent l’édifice, tandis que le presbytère attenant abrite logis, grange et écurie.
Au XXe siècle, l’église, devenue propriété de l’État en 1905, est menacée par l’instabilité du sol : un vide de 55 mètres est découvert sous ses fondations en 1971. Classée monument historique en 1978, elle bénéficie de campagnes de consolidation majeures à partir de 1982, incluant la reprise des fondations (1983-1984) et la restauration des vitraux (1991-1995). En 1994, la chapelle des jeunes est reconstruite pour 6 millions de francs, partagés entre l’État, la ville et le diocèse. Les travaux se poursuivent avec la réfection du porche (1996) et la restauration de l’orgue (2003-2004), marquant son ancrage durable dans le patrimoine local.
L’intérieur abrite depuis 1960 une tapisserie de Léon Zack, Christ glorieux, commandée par le curé André Mathé pour remplacer le retable démoli en 1959. Réalisée par l’atelier Plasse Le Caisne, elle symbolise la rénovation artistique de l’église. En 2006, une plaque monument historique est apposée par le maire Bertrand Kern, scellant son statut patrimonial. Cependant, l’église est aussi associée à des controverses récentes, comme la nomination en 2022 du prêtre Jacques Gagey, accusé d’agressions sexuelles, avant son retrait des fonctions.
Architecturalement, l’église allie des éléments du XVIIe siècle (nef et chœur d’ordre dorique) à des ajouts des XVIIIe et XIXe siècles (clocher, portail, clôture). Son classement en 1978 a permis de sauver l’édifice de la démolition, malgré des fissures structurelles liées à un sol instable. Les campagnes de restauration, financées par l’État, la région, le département et la commune, illustrent l’engagement collectif pour préserver ce témoin de l’histoire religieuse et urbaine de Pantin.