Origine et histoire de l'Église Saint-Germain-de-Paris
L'église Saint-Germain de Mézy-sur-Seine est bâtie sur l'emplacement d'un premier édifice du XIe siècle et la paroisse est mentionnée dans les sources en 1190. Elle a fait l'objet de plusieurs campagnes de construction : les parties basses du clocher datent du XIIIe siècle et l'édifice a pris sa forme actuelle au milieu du XVIe siècle, comme l'atteste l'inscription de consécration de 1554. L'abbé Richard Gatel puis Nicolas de Pardieu, seigneur de Mézy, ont entrepris la reconstruction du chœur et du chevet. Incendiée et partiellement détruite pendant la guerre de Cent Ans, l'église a été presque entièrement rebâtie à partir des années 1540 dans un gothique flamboyant rustique où les influences de la Renaissance se limitent à la modénature du chœur et au remplage de certaines fenêtres. L'ensemble est construit en pierre et moellons calcaires et couvert en ardoise. Le plan associe un vaisseau central élancé, un chevet polygonal à trois pans et deux bas-côtés qui butent contre deux chapelles latérales à chevet plat ; une sacristie a été ajoutée entre l'abside et le bas-côté sud. Les voûtes sont majoritairement d'ogives dont les nervures retombent sur les piles des grands arcs et sur des colonnes engagées à l'entrée de l'abside. L'ordonnancement des élévations latérales, avec un étage de fenêtres hautes, conserve probablement des dispositions héritées de l'édifice antérieur, et les grandes arcades semblent correspondre à des arcades du début du XIIIe siècle retaillées. L'intérieur se distingue par la belle ampleur du vaisseau central, dont la hauteur atteint environ le double de la largeur, et par des fenêtres hautes relativement petites inscrites dans les lunettes des voûtes. De nombreux éléments restent sobres : piliers monocylindriques, profils simples des grandes arcades et absence de sculpture attendue. Le chœur, voûté dès l'origine, présente des grandes arcades à modénature plus travaillée ; l'arc-doubleau retombe sur un faisceau de trois colonnes et l'abside à trois pans adopte un remplage de type Renaissance à deux formes en plein cintre surmontées d'un oculus. La voûte de l'abside apparaît toutefois trop surbaissée et en décalage avec les autres parties. Les bas-côtés, d'une largeur traditionnelle, conservent des voûtes d'origine dans leurs travées orientales ; les travées antérieures reçoivent des voûtes légères remontant aux années 1870, travaux menés à l'initiative du curé de l'époque, qui ont aussi entraîné des remaniements de fenêtres et la pose de vitraux. L'église n'a jamais été entièrement achevée : le clocher n'a pas été élevé au‑delà de sa souche mais abrite un beffroi en charpente et une cloche, et le portail occidental reste dépourvu d'ornementation. À l'extérieur, l'édifice est en grande partie en moellons, la pierre de taille étant employée pour les contreforts, chaînages, pourtours de baies et corniches ; la pierre tendre a provoqué des phénomènes d'érosion, notamment au clocher. Les contreforts présentent des dispositions variées — polygonaux aux angles de l'abside, larges et plats à l'intersection abside/nef, absents sur les murs gouttereaux du vaisseau central — et une corniche moulurée du XVIe siècle subsiste sur le chœur et le bas-côté nord. Parmi les trois portails, seul celui du nord est décoré mais inachevé ; la souche du clocher se signale par des contreforts massifs et une niche à statue fruste. L'église, implantée perpendiculairement à la rue du Château avec son chevet donnant sur la voie, est dégagée de constructions mitoyennes ; l'ancien cimetière et le portail principal se trouvent au nord, un terrain municipal et un parking avec portail secondaire se situent au sud. Inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du 19 juillet 1926, l'église dépend aujourd'hui de la paroisse de Meulan et accueille des messes dominicales un dimanche sur cinq à 9 h. Le mobilier comprend trois éléments classés au titre des objets : une statuette de la Vierge à l'Enfant du XVIIe siècle et quelques ornements liturgiques du XIXe siècle en tapisserie à point, conservés en mairie, ainsi que la plaque commémorative de la consécration de 1554 scellée au début de la nef ; l'inscription gravée en caractères gothiques et rehaussée de barbotine rouge rappelle la date, la dédicace par Étienne Paris, évêque suffragant, et les indulgences promises aux fidèles.