Frise chronologique
1306
Première mention écrite
Première mention écrite
1306 (≈ 1306)
Compromis du chapitre du Dorat.
1444
Mariage de Marguerite de Bretagne
Mariage de Marguerite de Bretagne
1444 (≈ 1444)
Transmission de Rouffignac aux Caumont.
1530
Date gravée sur le portail
Date gravée sur le portail
1530 (≈ 1530)
Style Renaissance marqué.
1537
Droit de foires accordé
Droit de foires accordé
1537 (≈ 1537)
François Ier à François de Caumont.
22 mai 1900
Classement monument historique
Classement monument historique
22 mai 1900 (≈ 1900)
Protection officielle de l'édifice.
1880-1940
Restaurations majeures
Restaurations majeures
1880-1940 (≈ 1910)
Sacristie, vitraux, peintures du chœur.
31 mars 1944
Incendie du bourg
Incendie du bourg
31 mars 1944 (≈ 1944)
Église épargnée pendant la guerre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Rouffignac : classement par arrêté du 22 mai 1900
Personnages clés
| Brandelis de Caumont - Seigneur de Rouffignac (vers 1420-1461) |
Époux de Marguerite de Bretagne en 1444. |
| Charles de Caumont - Seigneur de Rouffignac (mort en 1508) |
Lègue des fonds pour l'église en 1508. |
| François de Caumont - Seigneur et organisateur de foires |
Obtient des privilèges commerciaux en 1537. |
| Jean III de Calvimont - Ambassadeur de François Ier |
Lien supposé avec les piliers manuélins. |
| Abbé Albier - Curé de Rouffignac (XIXe siècle) |
Commanditaire des peintures du chœur en 1890. |
Origine et histoire
L'église Saint-Germain de Rouffignac, située dans le Périgord noir en Dordogne, est un édifice catholique dont la première mention écrite remonte à 1306. Bien que son chœur puisse dater de l’époque romane, sa nef gothique flamboyant et son massif antérieur Renaissance en font un exemple architectural hybride. La date de 1530, gravée sur le portail, marque une phase clé de sa construction, probablement liée à la famille de Caumont, seigneurs locaux.
Les piliers de la nef, ornés de moulurations torses inspirées du style manuélin portugais, suggèrent une influence ibérique. Jean III de Calvimont, ambassadeur de François Ier en Espagne, a souvent été associé à tort à cette construction, bien que sa famille n’ait jamais possédé Rouffignac. Les Calvimont, cependant, ont pu introduire ces motifs après des missions diplomatiques au Portugal, où des colonnes similaires ornent des édifices comme la cathédrale de Coïmbra.
La famille de Caumont, notamment Brandelis (mort en 1461) et son fils Charles (seigneur jusqu’en 1508), a marqué l’histoire de Rouffignac. François de Caumont, frère de Charles, obtint en 1537 le droit d’y organiser des foires annuelles. L’église, classée monument historique en 1900, a survécu à l’incendie du bourg en 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale, restant l’un des rares bâtiments épargnés.
Au XIXe siècle, l’édifice a subi d’importantes restaurations : construction de la sacristie (1834-1842), pose de vitraux par l’atelier Gesta (1862-1893), et ajout de statues dans le chœur. En 1880, une tentative de reconstruction du massif antérieur échoua par manque de fonds. Les peintures du chœur, refaites en 1890 sous l’impulsion de l’abbé Albier, et la chapelle du catéchisme, ajoutée côté sud, complètent ces transformations.
Les particularités architecturales de Saint-Germain, comme ses piliers torsadés, reflètent des échanges culturels entre la France et le Portugal au XVIe siècle. Malgré des restaurations partielles et des projets inaboutis (comme celui de l’architecte Dannery en 1935), l’église conserve son caractère historique, témoignant à la fois des ambitions locales des Caumont et des influences artistiques européennes de la Renaissance.