Frise chronologique
vers 1070–1080
Construction du clocher roman
Construction du clocher roman
vers 1070–1080 (≈ 1075)
Plus ancien vestige de l’église, à trois étages.
1130–1140
Reconstruction de la nef romane
Reconstruction de la nef romane
1130–1140 (≈ 1135)
Murs hauts et bas-côtés conservés partiellement.
vers 1160–1170
Transformation gothique du chœur
Transformation gothique du chœur
vers 1160–1170 (≈ 1165)
Chevet à pans coupés et voûtes d’ogives.
1180 environ
Reprise gothique de la nef
Reprise gothique de la nef
1180 environ (≈ 1180)
Arcades brisées sur piliers cylindriques.
début XIVe siècle
Ajout de la chapelle sud
Ajout de la chapelle sud
début XIVe siècle (≈ 1404)
Style rayonnant tardif, quatre travées.
26 septembre 1902
Classement monument historique
Classement monument historique
26 septembre 1902 (≈ 1902)
Protection de l’édifice et de son mobilier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Gervais : classement par arrêté du 26 septembre 1902
Personnages clés
| Pierre de Dammartin - Évêque de Beauvais (1114–1133) |
Rendit l’église à l’abbaye Saint-Symphorien. |
| Eudes Percebot - Seigneur de Pont-Sainte-Maxence |
Usurpa temporairement l’église Saint-Gervais. |
| Regnault de Sacy - Donateur du XVIe siècle |
Offrit les vitraux de la chapelle nord. |
Origine et histoire
L’église Saint-Gervais de Pontpoint, située dans l’Oise (Hauts-de-France), est un édifice marquant par son évolution architecturale du XIe au XVIe siècle. Son clocher roman, datant du dernier quart du XIe siècle (vers 1070–1080), est le vestige le plus ancien, témoignant d’un essor économique local marqué par la construction de trois édifices religieux en peu de temps. La nef et ses bas-côtés, initialement romans, sont reconstruits vers 1130–1140, puis transformés en style gothique primitif à partir de 1170 avec l’ajout d’un transept et d’un chœur à pans coupés, rare exemple précoce de ce type de chevet.
Au XIIe siècle, la nef est reprise en sous-œuvre pour remplacer ses arcades romanes par des arcades gothiques, retombant sur des piliers cylindriques, tandis que le chœur et le transept sont voûtés d’ogives dès l’origine. Les bas-côtés, eux, restent charpentés. Cette période reflète les ambitions de Pontpoint, dotée d’une charte communale en 1153, souhaitant moderniser ses églises. Le XIVe siècle voit l’ajout d’une chapelle sud de quatre travées, voûtée dans un style rayonnant sobre mais élégant, tandis qu’au XVIe siècle, une chapelle nord gothique flamboyant est adjointe, créant un plan dissymétrique.
Le clocher, haut de 23 mètres, est un spécimen rare dans l’Oise : ses trois étages romans, ornés d’arcades plein cintre et de colonnettes à chapiteaux gravés, rappellent ceux de l’abbatiale de Morienval. Classée monument historique en 1902, l’église abrite un mobilier remarquable, dont des fonts baptismaux du XIIe siècle et des dalles funéraires du XIVe. Aujourd’hui rattachée à la paroisse Sainte-Maxence de Pont-Sainte-Maxence, elle conserve des messes mensuelles et un patrimoine architectural témoignant de sept siècles d’histoire locale.
L’église s’inscrit dans un contexte paroissial complexe : Pontpoint comptait deux paroisses (Saint-Gervais et Saint-Pierre, aujourd’hui en ruine) et plusieurs hameaux dépendant d’abbayes voisines, comme le prieuré Saint-Nicolas de Saint-Paterne. Son histoire est liée à l’abbaye du Moncel, fondatrice au XIVe siècle, et à des seigneurs locaux comme Eudes Percebot, qui usurpa temporairement l’église avant sa restitution à l’évêque de Beauvais, Pierre de Dammartin (1114–1133). Aucun document d’archives ne détaille cependant les étapes précises de sa construction.
À l’intérieur, la nef, éclairée par des fenêtres hautes alignées sur des colonnes gothiques, contraste avec le chœur aux ogives convergentes et l’abside à pans coupés, éclairée par des baies plein cintre. Les chapelles latérales, aux voûtes élancées et aux remplages délicats (XIVe et XVIe siècles), illustrent l’évolution des techniques de voûtement. L’extérieur, sobre, met en valeur le clocher et le chevet hémicirculaire. Le porche occidental, ajouté après le XVIIe siècle, masque un portail gothique orné de rinceaux, rare dans la région.
Le mobilier classé inclut, outre les fonts baptismaux, des dalles funéraires médiévales (famille Ducreux, XIVe siècle) et des vitraux du XVIe siècle dans la chapelle nord, offerts par Regnault de Sacy. Une statue de la Vierge à l’Enfant (XIVe) et un aigle-lutrin (XVIIIe) complètent cet ensemble. L’église, propriété communale, reste un lieu de culte actif et un témoignage majeur du patrimoine religieux oisien, mêlant influences romanes, gothiques et Renaissance.