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Frise chronologique
vers 400
Construction du chœur primitif
Construction du chœur primitif
vers 400 (≈ 400)
Possible mausolée chrétien romain.
VIe-VIIe siècles
Chevet mérovingien
Chevet mérovingien
VIe-VIIe siècles (≈ 750)
Construction sur ruines romaines.
862
Première mention écrite
Première mention écrite
862 (≈ 862)
Citée dans la Charte de Saint-Hilaire.
XIe-XIIe siècles
Restructuration majeure
Restructuration majeure
XIe-XIIe siècles (≈ 1250)
Nef, clocher et chapiteaux ajoutés.
1913
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1913 (≈ 1913)
Protection officielle de l’édifice.
2011
Découverte d'une peinture murale
Découverte d'une peinture murale
2011 (≈ 2011)
Saint Christophe sous un enduit.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 22 octobre 1913
Personnages clés
| Gervais et Protais - Martyrs chrétiens |
Saints patrons de l’église. |
| Abbé Ribouleau - Curé au XIXe siècle |
A embelli l’église et découvert la stèle. |
| Aeternalis et Servilla - Personnages de la stèle romaine |
Inscription *« vivatis in Deo »* datée vers 400. |
| Honoré Hivonnais - Peintre du XIXe siècle |
Auteur des saints Gervais et Protais. |
Origine et histoire
L’église Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Civaux, située dans la Vienne, est dédiée à deux martyrs du Ier siècle, Gervais et Protais, dont le culte s’est répandu en Poitou après la découverte de leurs reliques en 386 à Milan. Mentionnée dès 862 dans la Charte de Saint-Hilaire comme siège d’une viguerie, elle appartenait alors à l’abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers. Les textes des Xe et XIe siècles confirment son statut, avant qu’elle ne devienne un prieuré rattaché à l’abbaye de Lesterps au XIIe siècle, jusqu’à la Révolution.
Les fouilles archéologiques (2016-2017) ont révélé une histoire plus ancienne : le chœur, daté vers 400, pourrait être un mausolée chrétien romain, comme en témoigne une stèle portant l’inscription « Aeternalis et Servilla, vivatis in Deo », ornée d’un chrisme. Le chevet mérovingien (VIe-VIIe siècles) et une piscine baptismale, construits sur un sanctuaire romain, subsistent. L’église actuelle résulte de restructurations majeures aux XIe-XIIe siècles, avec l’ajout de la nef, du clocher, et des chapiteaux sculptés.
Au XIIe siècle, la nef est divisée en trois vaisseaux, voûtée en berceau, et enrichie de chapiteaux illustrant des scènes moralisatrices (mariage, tentation, péché). Le clocher, supporté par des piliers cruciformes, est surmonté d’une flèche en pierre. Les modillons de la façade, représentant des animaux symboliques (lions, griffon, loup) ou des visages humains, reflètent l’imaginaire médiéval. Au XIXe siècle, l’abbé Ribouleau ajoute des peintures (ciel étoilé, saints Gervais et Protais) et découvre la stèle romaine.
Classée Monument Historique en 1913, l’église allie ainsi des éléments paléochrétiens, mérovingiens et romans. Son chevet heptagonal, son appareil polychrome (briques rouges, calcaire blanc) et ses décors sculptés (culs-de-lampe, chapiteaux narratifs) en font un témoignage rare de l’art religieux du haut Moyen Âge. Les peintures du XIXe siècle, comme le Saint Christophe découvert en 2011, complètent ce patrimoine exceptionnel.
L’édifice illustre aussi l’évolution liturgique : la piscine baptismale mérovingienne suggère un baptême par immersion, tandis que les chapiteaux romanesques servaient de support catéchétique. Les modillons, comme celui du loup dévorant un agneau, rappelaient aux fidèles la lutte entre le Bien et le Mal, renforçant la dimension pédagogique de l’église.