Origine et histoire de l'Église Saint-Gervais-Saint-Protais
L'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Falaise, située dans le Calvados en Normandie, trouve ses origines au XIe siècle sous l'impulsion de Guillaume le Conquérant. L'édifice primitif, achevé en 1134 sous Henri Ier Beauclerc, conserve des éléments romanes comme le mur sud de la nef, la tour-lanterne et la façade occidentale. Influencée par l'abbaye aux Dames de Caen, elle reflète alors les liens étroits entre pouvoir religieux et aristocratie normande.
Les conflits marquent profondément son histoire : endommagée lors du siège de 1204, elle est remaniée dans un style gothique (mur nord, arcs-boutants). La guerre de Cent Ans (1417) impose une reconstruction partielle du transept, tandis que les guerres de Religion (1590) détruisent chœur, déambulatoire et chapelles, nécessitant des travaux majeurs. Les chapelles sud et le porche (fin XVe siècle) ainsi que les chapelles nord (XVIe siècle) témoignent de ces phases successives.
Le XXe siècle apporte une nouvelle épreuve : les bombardements de 1944 pendant la bataille de Normandie causent des dégâts considérables. Restaurée dans les décennies suivantes, l'église conserve des éléments remarquables comme ses deux tourelles de façade et une grille du portail sud, issue du château de Carabillon à Cordey. Classée monument historique dès 1862, elle incarne aujourd’hui près de mille ans d’histoire normande, entre foi, pouvoir et conflits.
Architecturalement, l'édifice mêle harmonieusement les styles roman (parties sud, tour-lanterne) et gothique (nef nord, arcs-boutants). Le transept, reconstruit au XVe siècle, et les chapelles latérales ajoutées aux XVe et XVIe siècles illustrent l’évolution des techniques et des besoins liturgiques. La façade, dotée de deux tourelles, et le portail sud, orné d’une grille historique, soulignent son importance patrimoniale.
Son statut de monument historique, acquis dès 1862, protège un patrimoine riche en symboles. Sous l’ancien diocèse de Sées et dépendante de l’abbaye Sainte-Trinité de Caen, l’église fut d’abord dédiée à saint Jacques et saint Christophe avant d’adopter son vocable actuel. Les objets mobiliers, référencés dans la base Palissy, et son architecture composite en font un témoignage majeur de l’art religieux normand, des origines médiévales à la reconstruction moderne.