Frise chronologique
4e quart XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
4e quart XIIe siècle (≈ 1287)
Façade romane et dernière travée du chœur.
XVe–XVIe siècle
Agrandissement
Agrandissement
XVe–XVIe siècle (≈ 1650)
Ajout de collatéraux et contreforts.
XVIe siècle
Dégâts des guerres de Religion
Dégâts des guerres de Religion
XVIe siècle (≈ 1650)
Impacts d'arquebusades sur les murs.
1847–1854
Restauration majeure
Restauration majeure
1847–1854 (≈ 1851)
Reconstruction du clocher et des voûtes.
2001
Classement monument historique
Classement monument historique
2001 (≈ 2001)
Inscription officielle de l'édifice.
2009
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
2009 (≈ 2009)
Découverte d'un cimetière mérovingien.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise en totalité (cad. F 266) : inscription par arrêté du 2 juillet 2001
Personnages clés
| Louis XII - Roi de France |
Armes visibles sur un contrefort sud. |
| Léopold Maurel - Archéologue départemental |
Dirigea les fouilles de 2009. |
| Charlemagne - Empereur (légende locale) |
Associé à une tradition non prouvée. |
| Anthème le Grec - Évêque de Poitiers (VIIIe siècle) |
Reliques supposément déposées ici. |
Origine et histoire
L'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Jonzac, édifiée à la fin du XIIe siècle, est un exemple emblématique de l'art roman saintongeais. Sa façade ouest, typique de ce style, se caractérise par des superpositions d'arcatures, des chapiteaux sculptés et des modillons délicats. Une particularité régionale unique réside dans ses huit colonnettes sommitales, surmontées de lanternes coniques abritant des visages humains. Ce détail architectural, rare en Saintonge, témoigne de l'originalité de sa construction initiale.
Au XVIe siècle, l'église est agrandie avec l'ajout de deux bas-côtés, dont l'un porte encore les armes de Louis XII. Les murs conservent les stigmates des guerres de Religion, visibles sous forme d'impacts d'arquebusades. Ces traces rappellent les violents affrontements qui ont secoué la région. Entre 1847 et 1854, une restauration majeure redonne à l'édifice son clocher, ses voûtes et un mobilier néo-roman, tout en effaçant partiellement les dommages subis.
Les fouilles archéologiques menées en 2009 sur le parvis ont révélé un cimetière mérovingien des VIe–VIIe siècles. Parmi les artefacts exhumés figurent des bijoux (comme une boucle d'oreille de type « Arégonde »), des armes (lames, scramasaxes), des fibules et des restes de tissus minéralisés. Ces découvertes attestent d'une occupation ancienne du site, bien avant la construction de l'église actuelle. La tradition locale, inspirée du Pseudo-Turpin, évoque un passage de Charlemagne ayant déposé les reliques de saint Anthème, évêque de Poitiers, mais cette légende reste invérifiable.
Classée monument historique depuis 2001, l'église illustre à la fois l'héritage roman saintongeais et les bouleversements historiques de la région. Son architecture hybride, mêlant éléments médiévaux et modifications postérieures, en fait un témoignage précieux de l'évolution des pratiques religieuses et des conflits qui ont marqué le Poitou-Charentes.