Frise chronologique
918
Donation à Saint-Germain-des-Prés
Donation à Saint-Germain-des-Prés
918 (≈ 918)
Charles III le Simple cède la chapelle.
fin XIIe siècle
Début de la construction
Début de la construction
fin XIIe siècle (≈ 1295)
Chœur et croisée du transept gothiques.
vers 1520-1530
Chapelle nord flamboyante
Chapelle nord flamboyante
vers 1520-1530 (≈ 1525)
Remplacement d'un croisillon manquant.
milieu XVIe siècle
Chapelle sud Renaissance
Chapelle sud Renaissance
milieu XVIe siècle (≈ 1650)
Construction et vitraux caractéristiques.
31 mai 1910
Classement monument historique
Classement monument historique
31 mai 1910 (≈ 1910)
Protection de l'édifice par arrêté.
25 mai 1917
Dégâts dus à un cyclone
Dégâts dus à un cyclone
25 mai 1917 (≈ 1917)
Toit du clocher emporté.
années 1930
Restauration des voûtes
Restauration des voûtes
années 1930 (≈ 1930)
Dirigée par Jules Formigé.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 31 mai 1910
Personnages clés
| Charles III le Simple - Roi de France |
Donateur de la chapelle en 918. |
| Jules Formigé - Architecte en chef |
Restaure les voûtes dans les années 1930. |
| Gabriel Ruprich-Robert - Architecte des Monuments Historiques |
Documente les dégâts de 1917. |
| Jehan Dubray - Seigneur des Bandes |
Effigie sur une dalle funéraire (1628). |
| Dom Sauvaige - Célérier de Saint-Germain-des-Prés |
Témoin de la fonte de la cloche (1733). |
Origine et histoire
L'église Saint-Gildard de Longuesse, située dans le Val-d'Oise, fut construite à partir de la fin du XIIe siècle sous l'égide de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, qui en était propriétaire depuis 918. Le chœur et la croisée du transept, de style gothique primitif, furent érigés en premier, mais l'édifice resta inachevé, probablement en raison de la guerre de Cent Ans. Les dimensions imposantes pour un village suggèrent une ambition initiale démesurée, jamais concrétisée.
Au XVIe siècle, les chapelles latérales furent ajoutées pour remplacer les croisillons manquants du transept : la chapelle nord, de style gothique flamboyant (vers 1520-1530), et la chapelle sud, de style Renaissance (milieu du XVIe siècle). Le clocher, d'une simplicité remarquable, date de la même période et semble provisoire. L'église fut classée monument historique en 1910, puis endommagée par un cyclone en 1917, nécessitant des restaurations dirigées par Jules Formigé dans les années 1930.
L'édifice mêle des influences architecturales variées : voûtes sexpartites inspirées de la basilique de Larchant, chapiteaux sculptés de feuilles striées ou de têtes humaines, et une clé de voûte flamboyante incrustée dans la croisée du transept. Le chevet polygonal, rare dans la région, et l'absence de façade occidentale (remplacée par un mur provisoire) soulignent son caractère atypique. Les vitraux Renaissance, comme celui représentant saint Gildard (milieu XVIe), et le mobilier classé (statues, dalles funéraires) enrichissent son patrimoine.
Sous l'Ancien Régime, l'église dépendait de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, qui nommait le curé et gérait les revenus. Longuesse, terre royale, fut donnée à l'abbaye en 918 par Charles III le Simple en échange de prières pour sa famille. Les conflits entre l'abbaye et les curés, souvent mal rémunérés, sont attestés par les archives. Après la Révolution, l'église passa sous le diocèse de Versailles, puis de Pontoise en 1966.
L'intérieur révèle une croisée du transept imposante, voûtée d'ogives quadripartites, et un chœur à voûte sexpartite modifiée, éclairé par des lancettes simples. Les chapelles latérales, dédiées à la Vierge, abritent des clés de voûte décorées (écusson aux initiales MA, soleil Renaissance). La base du clocher, voûtée d'ogives flamboyantes, contraste avec la nef inachevée, couverte d'une charpente apparente. À l'extérieur, les contreforts à ressauts et la corniche à modillons sculptés rappellent les églises du Vexin comme Avernes.
Aujourd'hui affiliée à la paroisse Avernes et Marines, l'église n'accueille que quelques messes annuelles. Son mobilier classé inclut des statues (Vierge à l'Enfant XIVe-XVIe, saint Sébastien XVIIIe), des dalles funéraires (XVIe-XVIIe) et une cloche de 1733. Les restaurations successives, notamment après 1917, ont préservé ce témoin complexe de l'histoire religieuse et architecturale du Vexin français.