Frise chronologique
1069
Donation à l'abbé de Bourgueil
Donation à l'abbé de Bourgueil
1069 (≈ 1069)
Geoffroy de Blois et Pétronille offrent l'église.
1100
Fin du procès monastique
Fin du procès monastique
1100 (≈ 1100)
Victoire de l'abbaye Saint-Jouin de Marnes.
XIIe siècle (vers 1150)
Reconstruction de la façade
Reconstruction de la façade
XIIe siècle (vers 1150) (≈ 1250)
Portail en tuffeau sculpté ajouté.
1473-1511
Restauration par Philippe de Commynes
Restauration par Philippe de Commynes
1473-1511 (≈ 1492)
Travaux sur la croisée du clocher.
1528-1531
Agrandissement de l'église
Agrandissement de l'église
1528-1531 (≈ 1530)
Chœur transformé, chapelle ajoutée.
1896-1898
Restauration majeure des voûtes
Restauration majeure des voûtes
1896-1898 (≈ 1897)
Nef et chœur reconstruits.
1907
Classement du portail
Classement du portail
1907 (≈ 1907)
Protection au titre des Monuments Historiques.
1996-2000
Dernière campagne de restauration
Dernière campagne de restauration
1996-2000 (≈ 1998)
Dirigée par François Jeanneau.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le portail occidental : classement par arrêté du 2 septembre 1907
Personnages clés
| Geoffroy de Blois - Seigneur d'Argenton |
Donateur de l'église en 1069. |
| Pétronille d'Argenton - Épouse de Geoffroy de Blois |
Codonatrice de l'église en 1069. |
| Isembert II - Évêque de Poitiers |
Confirme la construction et le don. |
| Raoul de la Fustaie - Moine de Saint-Jouin de Marnes |
Transforme l'église en prieuré. |
| Philippe de Commynes - Seigneur d'Argenton (1473-1511) |
Restaure la croisée du clocher. |
| Claude de Châtillon - Seigneur d'Argenton (XVIe siècle) |
Restaure l'église après les guerres. |
| François Jeanneau - Architecte en chef |
Dirige la restauration (1996-2000). |
Origine et histoire
L'église Saint-Gilles d'Argenton-les-Vallées, située dans les Deux-Sèvres en Nouvelle-Aquitaine, trouve ses origines au XIe siècle. En 1069, Geoffroy de Blois et son épouse Pétronille d'Argenton offrent l'église et la chapelle Saint-Georges à l'abbé de Bourgueil, don confirmé par Isembert II, évêque de Poitiers. Ce lieu de culte devient rapidement l'objet d'un litige entre les moines de Bourgueil et ceux de l'abbaye Saint-Jouin de Marnes, conflit résolu en 1100 en faveur de cette dernière. Raoul de la Fustaie, moine disciple de Robert d'Arbrissel, joue un rôle clé dans la transformation de l'église en prieuré.
Au XIIe siècle, la façade occidentale est reconstruite en intégrant un portail en tuffeau, matériau rare dans cette région granitique, orné de sculptures représentant les travaux des mois, les signes du zodiaque, les apôtres, et des scènes bibliques comme la parabole des Vierges sages et folles. Les guerres, notamment celle de Cent Ans, endommagent gravement l'édifice. Philippe de Commynes, seigneur d'Argenton de 1473 à 1511, entreprend des restaurations, notamment la croisée sous le clocher, marquée par ses armoiries.
Entre 1528 et 1531, l'église est agrandie : le chœur roman est transformé, une chapelle dédiée à Notre-Dame de Pitié est ajoutée, et le bras nord du transept est repris. Les guerres de Religion (XVIe siècle) et la guerre de Vendée (XVIIIe siècle) causent d'importants dégâts, notamment l'effondrement des voûtes et l'incendie de la flèche. Des campagnes de restauration majeures ont lieu aux XIXe et XXe siècles, notamment en 1817-1819, 1896-1898, et 1996-2000, pour redonner à l'édifice son aspect actuel.
Le portail occidental, classé Monument Historique en 1907, est un chef-d'œuvre de l'art roman poitevin. Ses cinq voussures sculptées, dépourvues de tympan, illustrent des thèmes religieux et astrologiques, tandis que les frises latérales, bien que très abîmées, évoquent le Jugement dernier et la parabole du pauvre Lazare. Ce portail, en pierre de taille et tuffeau, témoigne de l'influence artistique régionale et de la maîtrise des artisans médiévaux.
L'histoire de l'église est également marquée par son rôle dans la vie communautaire et les conflits locaux. Pendant les guerres de Religion, elle est restaurée par la famille de Châtillon après des pillages répétés. La guerre de Vendée laisse l'édifice en ruines, avec seulement quelques voûtes intactes. Les restaurations successives, notamment celle de 1896-1898, uniformisent les travées de la nef et reconstruisent les voûtes, tout en préservant les éléments médiévaux encore visibles, comme des morceaux de mur du chœur et du transept.