Frise chronologique
926
Première mention de la chapelle Saint-Pierre
Première mention de la chapelle Saint-Pierre
926 (≈ 926)
Charte du cartulaire de Beaulieu évoquant *villa ad illas Macerias*.
1100-1108
Fondation du prieuré par Hugues de Castelnau
Fondation du prieuré par Hugues de Castelnau
1100-1108 (≈ 1104)
Donation des terres et bois à l’abbaye de Beaulieu.
XIIe siècle
Construction de l’église romane
Construction de l’église romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Édifice à trois vaisseaux avec absidioles latérales.
1885
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
1885 (≈ 1885)
Réduction à un vaisseau unique, modification du transept.
19 mars 1979
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
19 mars 1979 (≈ 1979)
Protection des parties orientales et du transept.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église, à l'exclusion de la façade occidentale et du clocher (cad. AD 110) : inscription par arrêté du 19 mars 1979
Personnages clés
| Hugues de Castelnau - Seigneur et donateur |
Confirme en 1100-1108 les dons à l’abbaye de Beaulieu. |
| Aytrude - Donatrice initiale (926) |
Veuve de Matfred, cède la chapelle Saint-Pierre. |
| Hugues II de Castelnau - Baron contestataire |
Opposé aux droits de l’abbaye sur le prieuré. |
| Gilles Séraphin - Historien médiévaliste |
A étudié les chartes et la sauveté castrale. |
Origine et histoire
L’église Saint-Gilles de Bonneviole, située à Prudhomat dans le Lot, trouve ses origines dans une chapelle Saint-Pierre mentionnée dès 926 dans le cartulaire de l’abbaye de Beaulieu. Ce lieu, alors nommé villa ad illas Macerias, devient Bonnavila (Bonneviole) au XIe siècle. Une charte de 926 évoque une donation par Aytrude, veuve de Matfred, incluant l’église et des terres environnantes. Ces biens sont confirmés et étendus en 1100-1108 par Hugues de Castelnau, qui cède également le bois de la Taillade et le mas d’Al Montar aux moines de Beaulieu, marquant la fondation officielle du prieuré.
La construction de l’église romane, placée sous le vocable de saint Gilles, coïncide avec l’essor du castrum voisin de Castelnau-Bretenoux. Les donations successives (dont celles du castrum des Périères) suggèrent la création d’une sauveté castrale, un espace protégé sous contrôle ecclésiastique et seigneurial. Le prieuré, dépendant de l’abbaye bénédictine de Beaulieu (ordre de Cluny), devient un lieu d’asile et de culte, bien que le baron Hugues II de Castelnau conteste régulièrement les droits de l’abbaye sur ses revenus.
De l’édifice du XIIe siècle, seuls subsistent aujourd’hui les parties orientales (abside voûtée en cul-de-four et transept). La nef, initialement probablement à trois vaisseaux avec absidioles latérales, est reconstruite en 1885 en un vaisseau unique, réduisant considérablement ses dimensions. L’église, inscrite aux monuments historiques en 1979, conserve des traces de son passé médiéval, comme une porte romane à billettes sur le croisillon droit, rappelant son lien avec l’architecture clunisienne.
Les bâtiments conventuels du prieuré ont disparu, et peu d’informations subsistent sur leur organisation. Une léproserie était autrefois accolée à l’église, soulignant son rôle social et religieux dans la région. Les chartes médiévales, étudiées par Gilles Séraphin et Gérard Prédalié, révèlent une gestion complexe des terres entre seigneurs laïcs (Castelnau) et ecclésiastiques (Beaulieu), typique des dynamiques féodales en Quercy.
L’église actuelle, propriété de la commune de Prudhomat, illustre les transformations architecturales et les enjeux de pouvoir du Moyen Âge. Son plan en croix latine, inspiré de l’abbatiale de Beaulieu, et ses vestiges romans en font un témoignage rare des prieurés ruraux occitans, malgré les remaniements du XIXe siècle.