Frise chronologique
987
Fondation du bourg
Fondation du bourg
987 (≈ 987)
Origine probable du premier édifice religieux.
1144
Début de la construction romane
Début de la construction romane
1144 (≈ 1144)
Nef, transept et chœur en hémicycle.
fin XIIe siècle
Agrandissement roman
Agrandissement roman
fin XIIe siècle (≈ 1295)
Croisée et bras sud du transept conservés.
1511–1531
Ajout de la nef nord
Ajout de la nef nord
1511–1531 (≈ 1521)
Gothique flamboyant avec chevet plat.
XVe siècle
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
XVe siècle (≈ 1550)
Style gothique rayonnant, raisons inconnues.
10 septembre 1592
Incendie pendant les guerres de Religion
Incendie pendant les guerres de Religion
10 septembre 1592 (≈ 1592)
Lié à l’expulsion des ligueurs.
1900
Vitrail de Saint-Gilles par Huchet
Vitrail de Saint-Gilles par Huchet
1900 (≈ 1900)
Œuvre néogothique dans le chevet.
1931
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1931 (≈ 1931)
Arrêté du 6 novembre.
1955
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1955 (≈ 1955)
Découverte des vestiges de l’abside disparue.
2011
Redécouverte des peintures murales
Redécouverte des peintures murales
2011 (≈ 2011)
Voûte de la croisée, XIIIe siècle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Gilles : classement par arrêté du 6 novembre 1931
Personnages clés
| Pierre Evain - Chapelier et sauveur de la Pietà |
Échangea 5 cordes de bois contre la statue en 1794. |
| Huchet - Maître verrier (1900) |
Auteur du vitrail de Saint-Gilles. |
Origine et histoire
L’église Saint-Gilles de Malestroit, fondée au XIIe siècle, s’élève sur l’emplacement d’un premier édifice lié à une source sacrée, probablement construit après la fondation du bourg en 987. La construction romane débute en 1144, avec une nef, un transept à absidioles et un chœur en hémicycle incluant une fontaine aujourd’hui extérieure. De cette campagne subsistent la croisée, le bras sud du transept et des éléments sculptés réemployés, comme des chapiteaux et modillons aux motifs fantastiques (dragons, sphinx) ou moralisateurs (vices). Ces sculptures, datées entre 1160 et 1200, évoquent l’influence poitevine et des édifices comme Saint-Sauveur de Dinan.
Au XVe siècle, la nef romane est reconstruite dans un style gothique rayonnant, pour des raisons indéterminées. Un siècle plus tard, une seconde nef gothique flamboyant est accolée au nord, avec un chevet plat, tandis que le chœur roman est remanié pour s’harmoniser avec cette extension. La tourelle hexagonale du « Beffroi », érigée à l’ouest, devient un élément distinctif de la silhouette de l’église. Un incendie en 1592, lors de l’expulsion des ligueurs, endommage partiellement l’édifice, entraînant des réparations en fin de XVIe siècle. Les voûtes de la croisée, ornées de peintures médiévales (félin unicorne, éléphant, centaure), sont redécouvertes en 2011.
Le mobilier et les vitraux témoignent de riches ajouts post-médiévaux. Une Pietà monolithe du XVIe siècle, sauvée de la destruction révolutionnaire par un chapelier, côtoie des statues classées (saint Jacques, saint Georges) et une chaire du XVIIe siècle, acquise en 1791 après la dispersion des biens des Augustins. Les vitraux, comme celui de l’Arbre de Jessé (XVIe siècle) ou le grand vitrail de Saint-Gilles (1900, par Huchet), illustrent l’évolution artistique et dévote du lieu. Classée Monument Historique en 1931, l’église mêle ainsi héritage roman, transitions gothiques et traces des bouleversements religieux et politiques de la Bretagne.