Origine et histoire de l'Église Saint-Gilles
L'église Saint-Gilles (initialement dédiée à Saint-Laurent) de Mont-d'Astarac, construite au XVe siècle, illustre l'architecture religieuse gasconne de la fin du Moyen Âge. Érigée en pierre de molasse tendre sur des fondations de galets, elle se distingue par une nef unique divisée en trois travées, flanquée de chapelles latérales voûtées d'ogives. Son chevet pentagonal, soutenu par des contreforts rayonnants, abrite des fresques du XVe siècle représentant des scènes bibliques (l'arbre de Jessé, la Cène, la Passion du Christ). Ces peintures murales, rares pour la période, soulignent l'importance artistique de l'édifice dans la région.
L'église s'inscrit dans une famille architecturale homogène avec les églises voisines de Seissan, Chêlan, Castelnau et Monléon, partageant des caractéristiques communes : emploi de matériaux locaux (molasse, galets, brique), chevet pentagonal ou carré, nef large bordée de chapelles, et éclairage par des fenêtres cintrées. La tour-clocher polygonale, accolée à la nef, a vu ses parties hautes reconstruites en 1840, tandis que la voûte sur croisées d'ogives ne fut ajoutée qu'entre 1850 et 1854. Le porche actuel, daté de 1853, intègre cependant des sculptures médiévales réemployées, probablement issues du porche d'origine.
Les modifications ultérieures incluent l'ajout d'une sacristie en 1886 (flanc droit de la nef) et le remplacement des vitraux en 1882, bien que la structure globale conserve son identité gothique tardive. Classée Monument Historique en 1975, l'église témoigne des évolutions architecturales et liturgiques de la région, tout en préservant des éléments médiévaux exceptionnels comme ses fresques et ses clefs de voûte sculptées. Son plan, marqué par une asymétrie des chapelles (deux à droite, une à gauche), reflète peut-être des contraintes topographiques ou des phases de construction distinctes.
Le contexte historique de sa construction coïncide avec une période de renouveau économique et religieux dans le sud-ouest de la France, marqué par la reconstruction d'édifices après la guerre de Cent Ans. Les églises de la Haute Vallée du Gers, comme Saint-Gilles, servaient de lieux de rassemblement communautaire et de démonstration de pouvoir pour les seigneurs locaux ou les bourgeois enrichis par le commerce (vin, pastel). Leur décoration, bien que modeste, visait à éduquer les fidèles à travers des récits bibliques peints, dans une région où l'analphabétisme était répandu.
L'utilisation de la molasse, pierre sédimentaire locale facile à tailler mais fragile, explique certaines dégradations observées aujourd'hui. Les campagnes de restauration des XIXe et XXe siècles (voûtes, clocher, porche) répondirent à des besoins structurels, mais aussi à un désir de modernisation liturgique (ajout de la sacristie) ou esthétique (vitraux néogothiques). L'inscription aux Monuments Historiques en 1975 a permis de préserver ce patrimoine, aujourd'hui propriété de la commune de Mont-d'Astarac.