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Église Saint-Gilles dans les Hauts-de-Seine

Église Saint-Gilles

    6 Boulevard Carnot
    92340 Bourg-la-Reine
AntonyB

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1152
Construction de la première église
1567
Destruction partielle par les Huguenots
1791
Fermeture révolutionnaire
1833
Fermeture définitive
1835-1837
Construction de l’église actuelle
1897
Agrandissement et reconstruction du clocher
1980-1990
Restauration intérieure majeure
1994
Classement de la cloche Louise-Marie-Madeleine
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Marie-Louise de Laval-Montmorency - Dernière abbesse de Montmartre Marraine de la cloche de 1780.
Auguste Isidore Molinos - Architecte de l’église actuelle Construite entre 1835 et 1837.
Charles Barié - Architecte de l’agrandissement Travaux de 1893 à 1897.
Jean de La Fontaine - Écrivain et poète Assista à une messe en 1663.
Léon Bloy - Écrivain catholique Fréquenta l’église en 1911.
Régis Singer - Historien et organiste Auteur de recherches sur l’église.

Origine et histoire

L’église Saint-Gilles de Bourg-la-Reine, située dans les Hauts-de-Seine en Île-de-France, est un monument central du patrimoine local et un lieu de culte catholique actif. Son histoire remonte à 1152, lorsque les religieuses de l’abbaye de Montmartre la construisirent près du ru de Fontenay, à l’angle de la Grande-Rue et de la rue de la Bièvre. Cet édifice médiéval, de plan rectangulaire et orienté est-ouest, fut partiellement détruit en 1567 par les Huguenots, puis abandonné pendant la Révolution. Les infiltrations de la Bièvre et le manque d’entretien accélérèrent sa dégradation, conduisant à sa fermeture en 1833 et sa démolition en 1836.

La première église, caractérisée par une nef centrale encadrée de bas-côtés et un clocher de 26 mètres, présentait une architecture inspirée de Saint-Germain-des-Prés. Son porche monumental (8,1 m de long) et ses chapiteaux sculptés, dont deux piliers subsistent place Condorcet, témoignent de son importance historique. Malgré des réparations au début du XIXe siècle, l’édifice, menacé de ruine, fut remplacé par une nouvelle église néoclassique construite entre 1835 et 1837 par l’architecte Auguste Molinos. Ce nouvel édifice, orienté nord-sud, adopta un plan basilical avec une nef à caissons et un clocher reconstruit en 1897.

L’église actuelle, agrandie entre 1893 et 1897 par Charles Barié, arbore une croix latine avec un transept et un chœur profond. Son clocher, culminant à 56 mètres, abrite cinq cloches, dont une datant de 1780, classée monument historique. L’intérieur, restauré dans les années 1980, intègre des vitraux symboliques et des œuvres d’art classées, comme L’Assomption (XVIIe siècle) ou L’Extase de Saint-Benoît (1746). L’orgue, installé en 1978, et les statues, dont une Pietà du XIXe siècle, enrichissent son patrimoine.

L’église Saint-Gilles est aussi liée à des figures historiques : Jean de La Fontaine y assista à une messe en 1663, et Léon Bloy y pria quotidiennement en 1911. En 1897, elle accueillit les obsèques des victimes bourgeoises de l’incendie du Bazar de la Charité, dont la famille Gosse. La paroisse, créée vers 1200, dépend aujourd’hui du diocèse de Nanterre. Son architecture et son histoire reflètent les évolutions religieuses, sociales et artistiques de la région depuis le Moyen Âge.

Les fouilles et archives (musée de Sceaux, archidiocèse de Paris) ont permis de reconstituer son passé, notamment grâce aux travaux de Régis Singer. Les restaurations successives, comme celle du plafond en 1924 ou des vitraux dans les années 1980, ont préservé son caractère à la fois médiéval et moderne. L’église reste un symbole de la mémoire locale, mêlant héritage monastique, événements tragiques et vie paroissiale contemporaine.

Liens externes