Frise chronologique
XIIe siècle (1ère moitié)
Construction originale romane
Construction originale romane
XIIe siècle (1ère moitié) (≈ 1250)
Édification de la nef et du clocher.
XIIIe siècle
Remplacement du chœur
Remplacement du chœur
XIIIe siècle (≈ 1350)
Chœur gothique de deux travées construit.
XVIe siècle
Transformations gothiques flamboyantes
Transformations gothiques flamboyantes
XVIe siècle (≈ 1650)
Façade, voûtement partiel, passages latéraux ajoutés.
22 juillet 1943
Classement monument historique
Classement monument historique
22 juillet 1943 (≈ 1943)
Protection de l’église et de son cimetière.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise et son cimetière : classement par arrêté du 22 juillet 1943
Personnages clés
| Information non disponible - Aucun personnage cité |
Les sources ne mentionnent aucun acteur historique spécifique. |
Origine et histoire
L’église Saint-Gilles-Saint-Leu de Boubiers, située dans l’Oise (Hauts-de-France), est un édifice d’origine romane remontant à la première moitié du XIIe siècle, dont le clocher central avec sa flèche en pierre octogonale subsiste encore aujourd’hui. Les murs de la nef, reconnaissables à leur appareil en opus spicatum et leurs contreforts plats, témoignent de cette période. Le chœur primitif fut remplacé au XIIIe siècle par un chœur gothique de deux travées, tandis que les voûtes de ce dernier ont disparu à une époque indéterminée. Les transformations majeures interviennent au XVIe siècle, dans le style gothique flamboyant : une nouvelle façade occidentale est édifiée, la dernière travée de la nef est voûtée, et deux passages obliques relient les croisillons au chœur, évitant la croisée du transept.
La façade occidentale, d’architecture gothique flamboyante, se distingue par son équilibre et sa décoration mesurée. Elle est cantonnée de contreforts à pinacles, avec une porte en anse de panier surmontée d’une baie à réseau flamboyant rare dans le Vexin. À l’intérieur, la nef, jamais voûtée, conserve une charpente apparente en berceau brisé, tandis que le chœur, bien que dénué de ses voûtes d’ogives, garde les colonnettes et formerets d’origine. Le clocher roman, unique en son genre dans la région avec une seule baie par face, est couronné d’une flèche en pierre décorée d’écailles de poisson, transitionnant du carré à l’octogone par des plans inclinés.
Classée monument historique le 22 juillet 1943 avec son cimetière attenant, l’église abrite un mobilier remarquable, dont six éléments protégés au titre objet. Parmi eux, une Vierge à l’Enfant du XIVe siècle, des statues des XVIe siècle (sainte Barbe, sainte Marie-Madeleine, Éducation de la Vierge), ainsi que des fonts baptismaux du XIVe siècle et deux autels monolithes du XIIe siècle, traces tangibles des origines romanes. Ces autels, bien que dégradés, conservent des vestiges de polychromie. L’édifice, toujours entouré de son cimetière rural, illustre l’évolution architecturale médiévale dans le Vexin français, mêlant rusticité romane et élégance gothique.
L’église s’inscrit dans un plan atypique pour la région, avec des dégagements et passages latéraux reliant transept, nef et chœur sans emprunter la croisée. Les croisillons, voûtés d’ogives, présentent des clés sculptées (écu au nord, nervures à double tore au sud). Extérieurement, le chœur a conservé son apparence du XIIIe siècle, malgré l’érosion des cordons en dents de scie et des corniches à corbeaux. Les baies en arc brisé, dépourvues de remplage, et les contreforts à ressauts rappellent les canons de l’architecture gothique primitive.
Située à l’écart du centre du village, rue de l’Église, l’église domine un paysage rural, son cimetière donnant directement sur les champs. Ce site, encore préservé, offre un témoignage intact de l’art religieux médiéval et de son ancrage dans la vie communautaire du Vexin. Les sources historiques, comme les travaux de Bernhard Duhamel (1988) et Dominique Vermand (2003), soulignent son caractère authentique, peu altéré depuis le XVIe siècle, et son rôle dans le patrimoine local.