Frise chronologique
770
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
770 (≈ 770)
Création par l’abbaye de Gorze.
1057
Consécration de l’église romane
Consécration de l’église romane
1057 (≈ 1057)
Par l’évêque Odon de Toul.
1087
Arrivée d’une relique de saint Nicolas
Arrivée d’une relique de saint Nicolas
1087 (≈ 1087)
Rapportée par Aubert de Varangéville.
1518
Achèvement du chœur gothique
Achèvement du chœur gothique
1518 (≈ 1518)
Date gravée sur un vitrail disparu.
1545
Interruption des travaux
Interruption des travaux
1545 (≈ 1545)
Remplacement du prieur Jean de Lorraine.
1907
Classement monument historique
Classement monument historique
1907 (≈ 1907)
Protection officielle de l’État.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 4 juillet 1907
Personnages clés
| Henri de Gorze - Abbé de Gorze (1055–1093) |
Commanditaire de la première église. |
| Odon de Toul - Évêque de Toul |
Consacre l’église en 1057. |
| Aubert de Varangéville - Pèlerin à Bari |
Rapporta un doigt de saint Nicolas (1087). |
| Jean de Lorraine - Prieur commendataire (1508–1545) |
Supervise la reconstruction gothique. |
| Pierre de Rozières - Prieur au XVIIe siècle |
Uni le prieuré à la primatiale de Nancy (1602). |
Origine et histoire
L’église Saint-Gorgon de Varangéville trouve ses origines au XIe siècle, lorsque l’abbaye de Gorze y fonde un prieuré en 770, marqué par la tradition des reliques de saint Gorgon. Une première église romane, consacrée en 1057 par l’évêque de Toul, est construite sous l’abbatiat d’Henri de Gorze (1055–1093). Au XIe siècle, la présence d’une relique de saint Nicolas, rapportée par Aubert de Varangéville en 1087, renforce son rôle de pèlerinage, menant à la construction d’une église dédiée à Port, dépendante de Varangéville jusqu’à la Révolution.
La reconstruction majeure de l’église actuelle débute au début du XVIe siècle, parallèlement à celle de l’église Saint-Nicolas-de-Port (1481–1560). Les armoiries sur les clefs de voûte, notamment celles du prieur Jean de Lorraine (1508–1545), datent le chœur de 1518, confirmé par une inscription disparue sur un vitrail. La nef, de style église-halle à trois vaisseaux, est édifiée par étapes, avec une interruption probable en 1545 après le remplacement du prieur. L’ancienne tour-porche romane, aujourd’hui intégrée à une propriété privée, subsiste comme vestige de l’édifice médiéval.
L’église abrite des chapelles latérales, dont celle du Saint-Sépulcre (XVIe siècle) et une chapelle disparue en 1748, fondée en 1599 par Anne Fériet. Au XVIIe siècle, le prieuré est uni à la primatiale de Nancy (1602), marquant un déclin documentaire. Les réparations des XVIIIe et XIXe siècles (toiture en 1772–1774, vitraux remplacés après les destructions de 1914 et 1940) préservent l’édifice, classé monument historique en 1907. Une tradition locale, les « encastrés », évoquait l’inhumation des crânes dans les murs, pratique abolie en 1760.
Le mobilier inclut des statues classées (Vierge de Pitié, Mise au Tombeau) et des vitraux du XVIe siècle, partiellement détruits lors des guerres mondiales et remplacés en 1957–1958 par les ateliers Simon-Marq et Pierre Chevalley. L’église, longue de 48 mètres, illustre l’architecture gothique flamboyant lorrain, mêlant héritage roman et innovations du XVIe siècle.