Origine et histoire de l'Église Saint-Grégoire
L’église Saint-Grégoire de Ribeauvillé, située dans le Haut-Rhin, est un édifice gothique dont les origines remontent à la seconde moitié du XIIIe siècle. Sa construction débute en 1282 avec le chœur, coïncidant avec l’élévation de Ribeauvillé au rang de ville et la construction de ses fortifications. Le clocher, partiellement construit dès cette époque, présente des caractéristiques stylistiques du milieu du XIIIe siècle. La nef, érigée au XIVe siècle, montre une inhomogénéité suggérant une interruption des travaux vers 1320, avant leur reprise entre 1380 et 1400. Les voûtes, absentes initialement, sont ajoutées entre 1465 et 1475, date à laquelle les travaux sont officiellement achevés.
Au XVIIe siècle, l’église subit des modifications liées à la Contre-Réforme, avec la suppression de nombreux autels dans la nef. Pendant la Révolution, elle est pillée, brièvement transformée en temple de la Raison, puis restituée au culte catholique. Au XIXe siècle, le chœur, devenu dangereux, est démoli en 1876 et reconstruit par l’architecte Charles Winkler, qui ajoute un transept et agrandit la nef vers l’ouest. Le nouveau chœur est consacré en 1877. L’édifice, endommagé lors de la Seconde Guerre mondiale (1944), est restauré dans les années 1950, avec le remplacement des vitraux détruits.
Le clocher, positionné atypiquement au nord du chœur, date partiellement du XIIIe siècle et est surélevé en 1864. Il abrite une horloge installée par Jean-Baptiste Schwilgué en 1842 et des cloches refondues après les réquisitions des deux guerres mondiales. L’église conserve un mobilier remarquable, dont une Vierge à l’Enfant du XVe siècle (dite Vierge des Verreries), classée monument historique en 1978, et un ostensoir néogothique de 1803. Ancien lieu de sépulture des seigneurs de Ribeaupierre, elle était richement dotée en reliques et objets liturgiques, aujourd’hui largement dispersés.
Classée monument historique en 1994, l’église illustre l’évolution architecturale et religieuse de l’Alsace, marquée par des phases de destruction, de reconstruction et d’adaptation aux contextes politiques et cultuels. Son histoire reflète aussi les liens étroits entre la ville, l’abbaye de Munster et la famille de Ribeaupierre, dont plusieurs membres participèrent aux croisades ou fire des dons au trésor de l’église.