Frise chronologique
IXe-Xe siècle
Destruction normande
Destruction normande
IXe-Xe siècle (≈ 1050)
Prieuré détruit par les Vikings.
XIe siècle
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
XIe siècle (≈ 1150)
Mention comme *Monasteriolum sancti Wingualoei* dans le Cartulaire de Landévennec.
XIIe siècle
Construction de la nef romane
Construction de la nef romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Arcs de plein cintre et chapiteaux sculptés.
1681
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1681 (≈ 1681)
Date gravée sur la flèche courte.
XVIIe siècle
Remaniement de l'église
Remaniement de l'église
XVIIe siècle (≈ 1750)
Chevet plat et décors baroques ajoutés.
1970 et 1980
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1970 et 1980 (≈ 1980)
Calvaire (1970) et église (1980) protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Calvaire du cimetière (cad. A 82) : classement par arrêté du 5 octobre 1970 ; Eglise (cad. A 83) : classement par arrêté du 10 octobre 1980
Personnages clés
| Saint Guénolé - Fondateur de l'abbaye de Landévennec |
Patron de l'église et du prieuré. |
| Albert Le Grand - Chroniqueur du XVIIe siècle |
A décrit les chapiteaux romans. |
Origine et histoire
L'église Saint-Guénolé de Locquénolé, située dans le Finistère, trouve ses origines dans un prieuré-cure dédié à saint Guénolé, fondateur de l'abbaye de Landévennec. Le site, mentionné dès le XIe siècle sous le nom de Monasteriolum in honore sancti Wingualoei, dépendait alors de l'abbaye de Lanmeur, elle-même liée à Saint-Jacut. Détruit par les Normands entre le IXe et Xe siècle, le prieuré est reconstruit et prend le nom actuel au XIe siècle, dans le diocèse de Dol. La nef romane du XIIe siècle, à trois vaisseaux, conserve des arcs de plein cintre et des chapiteaux sculptés inspirés du style corinthien, caractéristiques de la Bretagne médiévale.
Au XVIIe siècle, l'édifice est profondément remanié : le clocher, daté de 1681, arbore une balustrade en porte-à-faux et une flèche courte, tandis que le chevet plat remplace probablement une abside romane. Les couvertures sont refaites au XIXe siècle, et l'intérieur est modifié (sol surhaussé, fausses pierres). L'église, classée Monument Historique en 1970 (calvaire) et 1980 (bâtiment), abrite un trésor incluant des reliquaires du XVe siècle contenant des restes de saint Guénolé, ainsi qu'un retable baroque orné de statues de saints.
Le site est lié à la seigneurie de Kerriou (chapelle nord) et à celle de Coatilès (enfeu dans la chapelle sud). Albert Le Grand, au XVIIe siècle, décrit les chapiteaux romans comme des « ébauches barbares » aux « enroulements » nordiques, témoignant de l'évolution des goûts. L'édifice, en croix latine, mêle ainsi héritage médiéval — comme les huit chapiteaux à volutes et figures humaines — et ajouts classiques, illustrant les transformations religieuses et artistiques de la Bretagne.
Locquénolé, dont le toponyme breton (lok = lieu sacré) honore saint Guénolé, était un centre religieux majeur. Le prieuré, dépendant de Landévennec, reflète l'influence des moines bretons dans l'évangélisation de la région. La présence de reliquaires et d'un calvaire classé souligne son rôle dans la dévotion locale, entre culte des saints fondateurs et architecture monumentale.
Aujourd'hui propriété communale, l'église conserve des éléments romans rares (arcs diaphragmes, piliers massifs) et des décors baroques (retable à colonnes torses, statues de saint François et de l'Ecce Homo). Son clocher, avec ses pinacles reliés à la chambre des cloches, et son chevet droit, témoignent des campagnes de reconstruction post-médiévales, tandis que les chapiteaux offrent un exemple unique de sculpture bretonne pré-romane.