Éléments romans conservés XIIe siècle (≈ 1250)
L'église conserve des éléments romans du XIIe siècle, notamment des arcades et des chapiteaux de la croisée.
XVIIe siècle
Reconstruction majeure
Reconstruction majeure XVIIe siècle (≈ 1750)
L'église a été principalement reconstruite à la fin du XVIIe siècle, avec l'ajout d'un clocher daté de 1681.
XIXe siècle
Restauration intérieure
Restauration intérieure XIXe siècle (≈ 1865)
Refonte des couvertures et ajout d'un appareil intérieur en fausses pierres.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Calvaire du cimetière (cad. A 82) : classement par arrêté du 5 octobre 1970 ; Eglise (cad. A 83) : classement par arrêté du 10 octobre 1980
Personnages clés
Saint Guénolé
Fondateur de l'abbaye de Landévennec, associé au toponyme Locquénolé.
Albert Le Grand
Auteur du XVIIe siècle ayant commenté les sculptures de l'église.
Origine et histoire de l'Église Saint-Guénolé
L'église Saint-Guénolé se situe à Locquénolé, dans le Finistère, et présente un plan en croix latine dominé par un clocher daté de 1681. Le bâtiment actuel résulte principalement d'une reconstruction à la fin du XVIIe siècle, mais il conserve des éléments romans du XIe siècle, notamment des arcades et des chapiteaux de la croisée. Le clocher est entouré d'une galerie en porte-à-faux dont les pinacles d'angle sont reliés à la chambre des cloches, organisée sur deux niveaux et coiffée d'une courte flèche. Le chevet est aujourd'hui plat, tandis que le plan exact du chevet roman reste inconnu. Le toponyme Locquénolé vient du breton "lok" (lieu consacré) associé au saint Guénolé, fondateur de l'abbaye de Landévennec. Le site fut le siège d'un prieuré-cure dépendant des anciennes abbayes de Lanmeur puis de Saint-Jacut ; ce prieuré fut détruit par les Normands aux IXe ou Xe siècles. Le prieuré est mentionné au XIe siècle dans le cartulaire de Landévennec sous la dénomination "Monasteriolum in honore sancti Wingualoei" et passa ensuite au diocèse de Dol. Une chapelle nord dépendait jadis de la seigneurie de Kerriou. Au XIXe siècle, les couvertures ont été refaites et l'appareil intérieur en fausses pierres remonte probablement à la même époque. L'édifice a été classé au titre des monuments historiques en 1970 et 1980. L'intérieur conserve une courte nef romane à trois vaisseaux et trois travées, qui s'ouvre sur les bas-côtés par des arcs de plein cintre à simple rouleau portés par des piliers massifs. Le niveau du sol a été surélevé, ce qui a modifié les proportions d'origine. La croisée du transept, de plan archaïque, s'ouvre sur deux étroits croisillons ; l'arc diaphragme n'est pas d'origine. Les piles de la croisée portent huit chapiteaux romans ornés de volutes, de triangles et de figures humaines, d'une veine comparable à celle des chapiteaux de Fouesnant, Yvignac et Langonnet. Leur décor, librement inspiré du corinthien, évolue d'un schéma abstrait — quatre volutes avec un triangle central — vers des représentations figuratives, dont un personnage coiffé de cornes spiralées. Albert Le Grand, au XVIIe siècle, qualifia ces sculptures d'« ébauches barbares » mais leur reconnut du charme, signe de l'évolution du goût. Le maître-autel présente un petit retable avec tabernacle à colonnes et galeries, un grand retable à niches latérales encadré de colonnes torses abritant saint Guénolé et saint François d'Assise, une partie supérieure logeant un Ecce Homo surmonté d'un Père éternel, et un tableau central représentant la Sainte-Famille. Le trésor conserve deux reliquaires attribués au XVe siècle : l'un renfermant un fragment de la tête de saint Guénolé, l'autre un petit os d'un bras du saint enchâssé dans un bras. La chapelle sud abrite un enfeu des seigneurs de Coatilès.