Frise chronologique
XVe-XVIe siècles
Construction initiale
Construction initiale
XVe-XVIe siècles (≈ 1650)
Édification de l’église gothique originale.
1848
Retour des reliques
Retour des reliques
1848 (≈ 1848)
Rapatriement des reliques de saint Hermeland.
21 décembre 1925
Classement MH
Classement MH
21 décembre 1925 (≈ 1925)
Inscription à l’inventaire des monuments historiques.
16 septembre 1943
Bombardement
Bombardement
16 septembre 1943 (≈ 1943)
Destruction partielle des vitraux bleus.
1987
Restauration des vitraux
Restauration des vitraux
1987 (≈ 1987)
Reconstitution à partir de fragments conservés.
2014
Classement du mobilier
Classement du mobilier
2014 (≈ 2014)
Protection des autels, retables et statues.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 21 décembre 1925
Personnages clés
| Hermeland d'Indre - Saint patron |
Évangélisateur du pays nantais (VIIe-VIIIe siècles). |
| Jean V de Bretagne - Duc de Bretagne |
Promoteur des reconstructions post-guerre de Succession. |
| François II de Bretagne - Duc de Bretagne |
Règne durant l’édification de l’église (1458-1488). |
| Abbé Cherel - Curé au XIXe siècle |
Initiateur de l’agrandissement dans les années 1860. |
| Prosper Gabarit - Curé successeur |
Reconstruction du chœur vers 1880. |
| Père Célestin Ringeard - Vicaire en 1962 |
Futur moine de Tibhirine. |
| Thomas Vallet - Sculpteur local |
Auteur du maître-autel (1889-1890). |
Origine et histoire
L’église Saint-Hermeland, située à Saint-Herblain en Loire-Atlantique, est un rare exemple d’architecture gothique dans l’agglomération nantaise. Construite aux XVe et XVIe siècles, elle est dédiée à Hermeland d’Indre, saint local et évangélisateur du pays nantais. Son chevet plat, typique de l’influence anglaise, et son clocher en charpente ardoisée reflètent les spécificités régionales. L’édifice, modifié aux XVIIIe et XIXe siècles, conserve des éléments médiévaux comme une voûte en berceau polychrome ornée de têtes de dragons.
L’église subit des agrandissements majeurs au XIXe siècle, notamment l’extension de la nef, la reconstruction du chœur et l’ajout de sacristies. Ses vitraux bleus, détruits en 1943 puis restaurés à partir de 1987, illustrent la vie de saint Hermeland. Le mobilier, comme le maître-autel néogothique (1889) ou le confessionnal néoclassique (1816), témoigne des évolutions stylistiques. Classée monument historique en 1925, elle abrite aussi des reliques du saint depuis 1848, renforçant son rôle spirituel.
À l’origine, l’église domine un territoire forestier, ancien lieu de chasse des comtes de Nantes. Bâtie sur un promontoire pour échapper aux crues de la Loire, elle utilise des matériaux locaux : granit pour les murs et tuffeau pour les ornements. Son histoire reflète la christianisation de la Bretagne sous les ducs Jean V et François II (XVe siècle), période de reconstruction après la guerre de Succession. Malgré les bombardements de 1943, elle conserve son aspect du XIXe siècle, avec une longueur de 87 mètres et des murs de 8 mètres de haut.
La paroisse, fondée en 2003, s’inscrit dans le diocèse de Nantes. L’église abrite des œuvres notables comme les retables néoclassiques de Sainte-Anne (XVIIe, réparé en 1785) et de la Vierge (1839), ou la chaire en chêne (1815). Neuf médaillons et six toiles marouflées, restaurées en 2022-2023, célèbrent les saints locaux. Le parvis et la place ont été rénovés en 2022, soulignant son ancrage dans la vie communale.
Le Père Célestin Ringeard, futur moine de Tibhirine, y fut vicaire en 1962. L’édifice, épargné par l’urbanisation jusqu’aux années 1960, contraste avec d’autres églises médiévales nantaises démolies au XIXe siècle. Son inscription en 1925 et celle de son mobilier en 2014 (maître-autel, retables, chaire, statues) attestent de sa valeur patrimoniale. Les reliques de saint Hermeland, rapportées en 1848, en font un lieu de dévotion majeur.