Frise chronologique
1153
Fondation de l'église
Fondation de l'église
1153 (≈ 1153)
Demandée par François Grignet et Isabeau Renevier.
XIIIe siècle
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
XIIIe siècle (≈ 1350)
Œuvre des prémontrés de Corneux.
1381–1386
Chapelle Saint-Jean-Baptiste
Chapelle Saint-Jean-Baptiste
1381–1386 (≈ 1384)
Commandée par Marguerite de Vergy.
1525
Transformation du chevet
Transformation du chevet
1525 (≈ 1525)
Remplacé par une abside gothique.
1557–1563
Construction chapelle Andelot
Construction chapelle Andelot
1557–1563 (≈ 1560)
Financée par Jean et Pierre d'Andelot.
1774
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1774 (≈ 1774)
Style « à la comtoise » après incendie.
1903
Classement monument historique
Classement monument historique
1903 (≈ 1903)
Arrêté du 2 mars 1903.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 2 mars 1903
Personnages clés
| François Grignet - Fondateur de l'église |
Commanditaire en 1153 avec son épouse. |
| Isabeau Renevier - Fondatrice de l'église |
Épouse de François Grignet, représentée sur la fresque. |
| Marguerite de Vergy - Commanditaire de la chapelle Saint-Jean-Baptiste |
Veuve de Jacques de Grandson, seigneur de Pesmes. |
| Jean d'Andelot - Fondateur de la chapelle Andelot |
Premier écuyer de Charles Quint. |
| Jacques Prévost - Peintre et sculpteur |
Auteur du triptyque (1561). |
| Julien Chambert - Sculpteur du maître-autel |
Œuvre en bois doré (1725). |
Origine et histoire
L'église Saint-Hilaire de Pesmes, située dans le département de la Haute-Saône en Bourgogne-Franche-Comté, fut fondée en 1153 à l'initiative de François Grignet et de son épouse Isabeau Renevier. Ce monument religieux, d'abord construit dans un style roman bourguignon, conserve de cette période son portail sculpté et une travée du chœur. Son tympan arbore une fresque représentant le couple fondateur en habit de cour, adorant un Christ de pitié. Classée monument historique depuis 1903, l'église illustre près de sept siècles d'évolution architecturale, marquée par des ajouts gothiques et Renaissance.
Au XIIIe siècle, les prémontrés de Corneux reconstruisent la nef, tandis qu'au XIVe siècle, la chapelle Saint-Jean-Baptiste est édifiée à la demande de Marguerite de Vergy, veuve du seigneur de Pesmes. Le XVIe siècle voit des transformations majeures : en 1525, le chevet roman est remplacé par une travée et une abside gothique flamboyante ; entre 1557 et 1563, la chapelle Andelot est ajoutée sous l'impulsion de Jean d'Andelot, premier écuyer de Charles Quint, et de son frère Pierre, abbé de Bellevaux. Le triptyque peint par Jacques Prévost en 1561, représentant la Descente de croix, témoigne de cette période faste.
Les XVIIe et XVIIIe siècles apportent des embellissements baroques : installation du maître-autel en bois doré par Julien Chambert (1725), de l'orgue par Guillaume Mourez (1727), et reconstruction du clocher « à la comtoise » en 1774 après un incendie. Les vitraux, détruits et renouvelés aux XIXe et XXe siècles (1945, 1962), complètent cet héritage. L'église se distingue par son mobilier exceptionnel, incluant des statues en marbre des XVe–XVIe siècles, des retables Renaissance, et une chaire en marbre noir du XVIe siècle, œuvre de Denis de Rupt.
L'architecture de l'édifice mêle harmonieusement les époques : le porche gothique voûté, surmonté d'une chapelle haute, contraste avec les nefs romanes aux fenêtres étroites, tandis que les cinq chapelles latérales (romanes, gothiques ou Renaissance) reflètent les goûts de leurs commanditaires. Les tuiles vernissées polychromes du clocher, typiques de Franche-Comté, et les vitraux modernes de Chigot et Couturat achèvent de faire de Saint-Hilaire un joyau du patrimoine sacré bourguignon.
Le classement de 1903 souligne la valeur historique de ce monument, témoin des dynamiques seigneuriales (famille de Vergy, d'Andelot) et religieuses (prémontrés, abbés) qui ont marqué Pesmes. Les sources archivistiques, comme les travaux de Gaston de Beausejour (1895–1909) ou ceux du Docteur Bourdin sur Jacques Prévost, documentent son évolution. Aujourd'hui, l'église reste un lieu de culte actif, ouvert à la visite, où se côtoient fresques médiévales, sculptures Renaissance et décors baroques, offrant un panorama unique de l'art sacré en Franche-Comté.