Frise chronologique
823
Première mention écrite
Première mention écrite
823 (≈ 823)
Donation par Raoul de Turenne à ses enfants.
840
Fondation du monastère de Beaulieu
Fondation du monastère de Beaulieu
840 (≈ 840)
Légation de Sarrazac par Rodulf, archevêque de Bourges.
fin XIIe - début XIIIe siècle
Construction de la nef et coupole
Construction de la nef et coupole
fin XIIe - début XIIIe siècle (≈ 1325)
Chapiteaux à feuilles ou lisses caractéristiques.
XVe siècle
Transformations majeures
Transformations majeures
XVe siècle (≈ 1550)
Voûtes à liernes, abside polygonale, bas-côtés.
fin XVe - début XVIe siècle
Chapelle nord
Chapelle nord
fin XVe - début XVIe siècle (≈ 1625)
Clef de voûte aux armes des Vieilleschiezes.
1887
Vitraux de Saint-Blancat
Vitraux de Saint-Blancat
1887 (≈ 1887)
Création par l’atelier toulousain.
10 septembre 1947
Classement monument historique
Classement monument historique
10 septembre 1947 (≈ 1947)
Inscription à l’inventaire supplémentaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 10 septembre 1947
Personnages clés
| Raoul (ou Rodulf) de Turenne - Comte de Turenne et de Quercy |
Donateur de Sarrazac en 823, enterré en 842. |
| Rodulf (fils) - Archevêque de Bourges |
Fondeur du monastère de Beaulieu vers 840. |
| Emmena - Abbesse de Sarrazac |
Fille de Raoul, bénéficiaire de la donation. |
| Famille Vieilleschiezes - Seigneurs locaux |
Armes sur la clef de voûte (XVe siècle). |
| Louis Saint-Blancat - Maître-verrier toulousain |
Auteur des vitraux (1887). |
Origine et histoire
L’église Saint-Geniès de Sarrazac, initialement dédiée à saint Genou (ou Genulphus), premier évêque de Cahors, est mentionnée dès 823 dans le cartulaire de l’abbaye de Beaulieu-sur-Dordogne. À cette date, le comte Rodulf (ou Raoul) de Turenne et son épouse Aiga de Périgord offrent le domaine de Sarrazac, incluant son église, à leurs enfants entrés en religion : leur fils Rodulf (futur archevêque de Bourges) et leur fille Emmena, abbesse locale. Rodulf fonde vers 840 le monastère de Beaulieu, auquel il lègue Sarrazac, bien que la cure relève probablement de l’évêque de Cahors. Le comte Raoul, enterré en 842 dans l’église Saint-Geniès du monastère qu’il a établi, marque ainsi son empreinte sur ce lieu.
Les éléments architecturaux les plus anciens, comme les murs de la nef et la travée surmontée d’une coupole octogonale aux chapiteaux à feuilles ou lisses, remontent à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle. Ces détails stylistiques rappellent ceux de l’église Saint-Michel de Saint-Michel-de-Bannières. Au XVe siècle, l’édifice subit d’importantes transformations : construction de l’abside polygonale, voûtes à liernes et tiercerons, et probablement ajout des bas-côtés. La chapelle nord, ornée des armes de la famille Vieilleschiezes (arrivée à Sarrazac au XVe siècle), date quant à elle de la fin de ce siècle ou du début du XVIe. L’abside conserve des panneaux peints et des vestiges d’une litre funéraire des XVIIe ou XVIIIe siècles.
Les modifications ultérieures incluent le portail ouest et la sacristie, ajoutés au XIXe siècle, ainsi qu’un décor néo-Renaissance sur les voûtes de la nef et des vitraux signés Louis Saint-Blancat (Toulouse, 1887). Classée monument historique en 1947, l’église illustre l’évolution architecturale et artistique d’un édifice religieux quercynois, marqué par des influences romanes, gothiques et modernes. Son histoire reflète aussi les liens étroits entre pouvoir laïc (comtes de Turenne) et ecclésiastique (évêques de Cahors, abbayes locales) durant le Moyen Âge.