Frise chronologique
911
Traité de Saint-Clair-sur-Epte
Traité de Saint-Clair-sur-Epte
911 (≈ 911)
Rollon obtient la Neustrie, future Normandie.
XIe siècle
Construction en pierre
Construction en pierre
XIe siècle (≈ 1150)
Remplacement de l’église en bois sous Guillaume.
XIIIe siècle
Rmaniements gothiques
Rmaniements gothiques
XIIIe siècle (≈ 1350)
Ajout de vitraux et éléments intérieurs.
1862
Classement MH
Classement MH
1862 (≈ 1862)
Protection par liste des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Rollon - Premier duc de Normandie |
Restaure les églises après 911. |
| Guillaume le Conquérant - Duc de Normandie (XIe s.) |
Commanditaire de l’église en pierre. |
| Richard II *Cœur de Lion* - Duc de Normandie (fin Xe-déb. XIe s.) |
Renforce Tillières face aux Capétiens. |
| Crespin - Seigneur normand (XIIIe s.) |
Bénéficiaire du miracle de la Vierge. |
Origine et histoire
L’église Saint-Hilaire de Tillières-sur-Avre, édifiée au XIe siècle sous Guillaume le Conquérant en pierre pour remplacer un sanctuaire en bois du Xe siècle, incarne la reconstruction normande post-traité de Saint-Clair-sur-Epte (911). Rollon, premier duc de Normandie, y restaure après sa conversion les églises détruites lors des raids vikings. La région, zone frontalière tendue entre le duché et le domaine capétien, voit Tillières-sur-Avre renforcée en pierre par Richard II Cœur de Lion pour résister aux conflits avec Louis VII, roi de France.
Au XIIIe siècle, l’église subit des remaniements gothiques sous les règnes de Philippe Auguste, Louis VIII et Saint Louis, alors que la Normandie devient française. Les vitraux, marquées par le jaune d’Évreux (pigment innovant issu de graines de blé locales) et des bleus médievaux, reflètent les couleurs favorites du Moyen Âge selon Michel Pastoureau. Le retable renaissance, centré sur une Vierge à l’Enfant autrefois polychrome, abrite une statue miraculeuse liée à Crespin, seigneur normand du XIIIe siècle, symbolisant la transition entre polychromie médiévale et blanchiment moderne.
Classée monument historique en 1862, l’église porte les traces de restaurations controversées du XIXe siècle, où des encorbellements Renaissance (XVIe siècle) furent partiellement effacés. Son mur-pignon, remanié à plusieurs reprises, illustre les évolutions des pratiques patrimoniales, entre conservation et réinterprétation stylistique. L’édifice, propriété communale, reste un témoignage des tensions géopolitiques normandes et de l’art sacré régional, entre héritage roman, gothique et renaissant.
L’architecture intérieure mêle ainsi des éléments défensifs (pierre du XIe siècle), liturgiques (vitraux du XIIIe) et artistiques (retable italienisant), tandis que son extérieur, marqué par des rénovations successives, reflète les enjeux de préservation au fil des siècles. La légende de la Vierge miraculeuse, associée à Crespin, renforce son ancrage dans l’histoire locale et les croyances médiévales.