Frise chronologique
Vers 1170
Ajout des chapelles latérales
Ajout des chapelles latérales
Vers 1170 (≈ 1170)
Style gothique primitif, arcade et fenêtre subsistantes.
Fin XIe siècle
Origines de l'église
Origines de l'église
Fin XIe siècle (≈ 1195)
Première mention, donation à Molesme en 1104.
1600 (après)
Achèvement du clocher
Achèvement du clocher
1600 (après) (≈ 1600)
Flèche en pierre de tradition gothique.
4e quart XVe – 1er quart XVIe siècle
Reconstruction gothique flamboyant
Reconstruction gothique flamboyant
4e quart XVe – 1er quart XVIe siècle (≈ 1625)
Nef, bas-côtés et chœur rebâtis après effondrement.
3 novembre 1927
Première protection
Première protection
3 novembre 1927 (≈ 1927)
Inscription aux Monuments Historiques.
1944
Dommages de guerre
Dommages de guerre
1944 (≈ 1944)
Obus perce le clocher à la Libération.
Années 1980
Restauration majeure
Restauration majeure
Années 1980 (≈ 1980)
Voûtes, flèche et contreforts consolidés.
14 novembre 2005
Classement total
Classement total
14 novembre 2005 (≈ 2005)
Protection intégrale de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église de Verneuil-en-Halatte, en totalité, figurant au cadastre section AL sous le n°373 : classement par arrêté du 14 novembre 2005
Personnages clés
| Abbé de Molesme - Bénéficiaire de la donation (1104) |
Fonde un prieuré-cure bénédictin. |
| Famille de Boulainvilliers - Seigneurs de Verneuil (1415–1475) |
Financeurs présumés des travaux flamboyants. |
| Salomon de Brosse - Architecte du portail nord |
Conçoit le portail du collatéral (XVIe–XVIIe). |
| Henri de Bourbon-Verneuil - Duc associé à une clé de voûte |
Blason présent dans le chœur (postérieur). |
| Gérard Ansart - Peintre-verrier (XXe siècle) |
Restaure les vitraux dans les années 1960. |
Origine et histoire
L’église Saint-Honoré de Verneuil-en-Halatte, située dans l’Oise en région Hauts-de-France, trouve ses origines à la fin du XIe siècle. En 1104, elle est donnée à l’abbaye de Molesme, qui y établit un prieuré-cure bénédictin sous le vocable de sainte Geneviève, tandis que la paroisse reste dédiée à saint Honoré, patron des boulangers. Vers 1170, deux chapelles latérales sont ajoutées au chœur dans un style gothique primitif, dont subsistent aujourd’hui une arcade et une fenêtre. Ces éléments, parmi les plus anciens de l’édifice, témoignent des premières transformations majeures du bâtiment.
Au XVe siècle, l’effondrement du clocher roman entraîne une reconstruction partielle de l’église, marquée par l’adoption du style gothique flamboyant. Entre le dernier quart du XVe siècle et le début du XVIe siècle, la nef et ses bas-côtés sont entièrement rebâtis, affichant une élégance caractéristique de cette période. Les parties orientales, bien que moins homogènes, intègrent des culs-de-lampe sculptés et des éléments stylistiques variés, reflétant les campagnes de travaux successives. Le clocher, quant à lui, n’est achevé qu’après 1600, avec une flèche en pierre s’inscrivant encore dans la tradition gothique.
L’église subit plusieurs restaurations au fil des siècles, notamment après des dommages causés pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’un obus perce le clocher en 1944. Dans les années 1980, la commune entreprend une restauration complète, consolidant les voûtes, la flèche et les contreforts. Classée Monument Historique en 1927 puis en totalité en 2005, l’église conserve un mobilier remarquable, dont des fonts baptismaux du XVIe siècle et des tableaux classés, tout en restant un lieu de culte actif au sein de la paroisse du Creillois-Centre.
L’architecture de l’église révèle une superposition de styles, avec une nef flamboyante aux voûtes décorées de liernes, un chœur plus sobre, et des chapelles latérales asymétriques. Le porche nord, d’un style flamboyant pur, et la façade occidentale, ornée d’un portail en anse de panier, illustrent la richesse décorative de l’édifice. À l’intérieur, les piliers ondulés, les clés de voûte sculptées et les vitraux restaurés témoignent d’un patrimoine artistique préservé, tandis que l’extérieur, marqué par un clocher élancé et des contreforts caractéristiques, renforce son ancrage dans le paysage local.
Le contexte historique de Verneuil-en-Halatte est marqué par son rattachement à des seigneurs influents, comme les Boulainvilliers (XVe siècle), et par sa proximité avec le château de Verneuil, construit par Jacques Ier Androuet du Cerceau et Salomon de Brosse. Ce château, aujourd’hui disparu, a longtemps éclipsé l’église dans les études historiques, bien que cette dernière ait joué un rôle central dans la vie paroissiale et communautaire. Les processions vers la fontaine Sainte-Geneviève, aujourd’hui disparues, et les liens avec l’abbaye de Molesme soulignent son importance religieuse et sociale à travers les siècles.