Origine et histoire de l'Église Saint-Houardon
L'église Saint-Houardon de Landerneau, située dans le Finistère en Bretagne, est un édifice catholique dont les origines remontent au XVIe siècle. Une première église, construite sur les rives de l'Élorn, fut reconstruite à cette période avant d'être agrandie en 1604 par l'ajout d'un porche méridional. Son architecture, décrite par Henri Waquet, se distingue par une façade à trois étages ornée de colonnes corinthiennes, de niches, et d'un lanternon sommital, reflétant les influences stylistiques de la Renaissance.
En 1858, l'église fut démontée et reconstruite en centre-ville de Landerneau, une opération financée par Napoléon III. Ce déplacement, supervisé par l'architecte diocésain Joseph Bigot, permit de conserver des éléments originels comme le clocher du XVIe siècle (daté de 1856 après restauration) et le porche sud du XVIIe siècle. Le portail et la tour furent classés monuments historiques dès 1916, soulignant leur valeur patrimoniale.
L'intérieur abrite des œuvres majeures, dont une fresque de Yan' Dargent (1891-1893) représentant un Cortège des saints personnages vers le Christ glorieux, ainsi qu'un tableau dédié à saint Houardon, patron des marins. Ces éléments artistiques, combinés à une structure en croix latine à trois vaisseaux et un chevet plat, illustrent l'importance religieuse et culturelle de l'édifice. Jusqu'en 2017, l'église servit de siège paroissial avant l'intégration dans un doyenné regroupant vingt-deux clochers.
Le gros œuvre, en moellon de granite enduit, contraste avec les parties en pierre de taille (façade ouest, encadrements). La nef, couverte de lambris et éclairée par des fenêtres hautes, mène à un chœur à déambulatoire flanqué d'une chapelle axiale. Le massif occidental supporte une tribune et un orgue, tandis que le sol, dallé de granite et de grès, complète cet ensemble architectural cohérent.
L'histoire de l'église reflète les évolutions urbaines et religieuses de Landerneau, depuis son rôle initial de lieu de culte sur les bords de l'Élorn jusqu'à son repositionnement central au XIXe siècle. Son classement partiel et ses éléments artistiques en font un témoignage précieux du patrimoine breton, mêlant héritage médiéval, Renaissance, et interventions modernes.