Origine et histoire de l'Église Saint-Jacques
L’église Saint-Jacques de Beauville, située dans le département de Lot-et-Garonne en Nouvelle-Aquitaine, trouve ses origines au XIIIe siècle, bien que son clocher emblématique ait été construit au XVIe siècle. À l’origine, l’église paroissiale de Beauville était l’église Saint-Paul, proche du château, mais celle-ci fut démolie à la fin du XVIe siècle. Les consuls de la ville sollicitèrent alors l’évêque d’Agen, suzerain de Beauville, pour transférer le statut paroissial à Saint-Jacques. Ce transfert fut officialisé le 15 novembre 1595 par l’évêque Nicolas de Villars, qui consacra aussi le maître-autel à saint Jacques. Le clocher, édifié au XVIe siècle, servait également de tour de défense pour protéger la commune, reflétant les tensions de l’époque.
L’architecture de l’église combine une nef du XIIIe siècle et des éléments gothiques tardifs, comme des voûtes à croisées d’ogives avec liernes et tiercerons. La nef, divisée en deux travées carrées, se termine par une abside polygonale, tandis que cinq chapelles latérales (deux au sud, trois au nord) s’ouvrent sur l’espace central. Les murs de la nef sont ornés de peintures décoratives modernes, tout comme les vitraux. La porte d’entrée, de style Renaissance, est surmontée par le clocher, accessible par un escalier à vis dit Saint-Gilles. L’étage inférieur du clocher, voûté, forme un porche communiquant avec l’extérieur par trois portes en arc brisé.
L’église, à l’exception du clocher, a été inscrite aux monuments historiques en 1925, tandis que le clocher a été classé en 1929. En mars 2019, une campagne de restauration a été lancée pour rénover la toiture du clocher, son intérieur, les façades et le porche. Financée en partie par des dons, cette restauration n’avait pas de date de fin annoncée en raison de difficultés initiales à réunir les fonds nécessaires. L’église reste un témoignage des évolutions religieuses, architecturales et défensives de Beauville entre le Moyen Âge et la Renaissance.
Le contexte historique de Beauville est marqué par son lien avec l’évêché d’Agen. Le seigneur de Beauville devait prêter serment de fidélité à l’évêque, symbole de la suzeraineté ecclésiastique sur la région. Lors des entrées solennelles des évêques à Agen, le seigneur de Beauville faisait partie des barons portant l’évêque jusqu’à la cathédrale, illustrant les rapports de pouvoir entre noblesse locale et autorité religieuse. Ces traditions soulignent l’importance de l’église Saint-Jacques comme centre spirituel et politique après 1595.