Origine et histoire de l'Église Saint-Jacques de Cotdoussan
L’église Saint-Jacques de Cotdoussan trouve ses origines dans la chapelle seigneuriale du château fort de Castelloubon, ancienne résidence des comtes de Lavedan construite en 945 et aujourd’hui disparue. Après l’abandon définitif de la forteresse suite au tremblement de terre de 1660, sa chapelle est reconstruite et agrandie en 1662 par les habitants, qui y ajoutent un retable remarquable. L’édifice, situé sur un itinéraire jacquaire, subit des transformations majeures à la fin du XVIIIe siècle, comme en témoigne la date de 1790 gravée sur sa porte.
Classée aux Monuments Historiques en 1979 et inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 1998 pour son lien avec les chemins de Compostelle, l’église bénéficie d’une restauration majeure au début du XXIe siècle. Son architecture modeste (nef unique, clocher-mur, abside en cul-de-four) contraste avec son mobilier exceptionnel, dont un retable du XVIIe siècle inspiré de la Légende dorée et un tombeau de pèlerin daté de 1661. Le site, dominé par un tertre évoquant un enclos ecclésial médiéval, conserve aussi des traces d’une cuve baptismale du XIIe siècle réemployée en fontaine.
L’histoire de l’église reflète les bouleversements locaux : déclin du château après 1660, reconstruction post-sismique, et adaptation aux besoins cultuels d’une communauté rurale. Au XIXe siècle, la désaffectation partielle et la disparition des chapelles latérales illustrent le déclin démographique de Cotdoussan. La restauration récente a permis de reconstituer le retable démembré et de redonner à l’édifice sa fonction symbolique sur la voie de Compostelle, aux côtés de trois autres lieux cultuels labellisés UNESCO dans les Hautes-Pyrénées.
Le cimetière, de plan trapézoïdal, domine le village et abrite des matériaux hétéroclites (moellons calcaires, galets, schiste, marbre de Lourdes). À l’intérieur, le sol est couvert de lavasses (dalles de schiste), et les murs, enduits, supportent un lambris peint imitant une voûte. La tribune ouest, accessible par un escalier droit, dessert la chambre des cloches, autrefois surmontée d’une flèche d’ardoise disparue dans les années 1960. Le retable, placé en travers du chevet, masque partiellement son arrondi et sert de sacristie à l’arrière.
L’église incarne la persistance d’un lieu de culte médiéval, malgré les destructions et les reconstructions. Son sarcophage mérovingien découvert près d’une grange voisine suggère une origine haut-médiévale, bien que sa provenance exacte reste incertaine. La confrérie de saint Jacques, active à l’époque moderne, témoigne de l’importance du pèlerinage dans la vie locale, tandis que les symboles jacquaires gravés (comme sur la pierre de 1661) rappellent son rôle dans les réseaux de dévotion européens.