Origine et histoire de l'Église Saint-Jacques de Lambour
L'église Saint-Jacques de Lambour, en ruines, se situe à Pont-l'Abbé dans le Finistère ; elle a été édifiée entre les XIIIe et XVIe siècles pour desservir la trève de Lambour, alors rattachée à la paroisse de Combrit. De style gothique, son parti central date d'environ 1260 ; piliers, arcades et chapiteaux relèvent de l'École de Pont-Croix, reconnaissable à des piliers en faisceau de colonnettes et à des chapiteaux à godrons. Au début du XVIe siècle furent ajoutés la façade, le clocher et le porche sud. Le clocher est de plan carré, pourvu de deux rangées de gargouilles et flanqué de deux tourelles hexagonales, l'une portant un bas-relief représentant un bateau de pêche et son équipage. Selon une tradition locale, le clocher aurait été découronné sur l'ordre de Louis XIV après une révolte paysanne en 1673 liée à l'imposition du papier timbré ; d'autres sources attribuent ce décapage aux troupes royales qui, par ordre du duc de Chaulnes, abattirent la flèche et le haut des tourelles en septembre 1675 lors de la révolte des bonnets rouges. Le clocher ne fut jamais reconstruit. Avant la Révolution, l'église desservait la trève de Lambour qui comprenait la rive gauche de la rivière de Pont-l'Abbé et dépendait de la paroisse de Combrit ; cette trève fut supprimée pendant la Révolution et Lambour connut une brève existence en tant que paroisse indépendante en 1790 avant d'être rattachée à Pont-l'Abbé. Tout au long du XIXe siècle, le sanctuaire ne s'ouvrit guère que pour deux pardons : celui des enfants, le lundi de Pentecôte, et celui de Saint-Jacques, le dernier dimanche de juillet. À la fin du XIXe siècle l'édifice se dégrada fortement ; malgré les alertes de la Société archéologique du Finistère, la municipalité de Pont-l'Abbé fit démonter la toiture en 1899 pour prévenir un effondrement, et les statues furent transférées à l'église Notre-Dame-des-Carmes. Un cimetière occupait le placître jusqu'en 1848 et une stèle protohistorique de l'Âge du Fer, qui servit autrefois de socle à une croix, se trouve toujours dans l'enclos. Le chanoine Abgrall, en 1898, soulignait le contraste entre la façade flamboyante du XVe siècle et la maçonnerie romane des bas-côtés, notant au sud un porche voûté dont la clé porte la rose des Trimic ; il décrivait l'intérieur comme composé d'une nef, de deux bas-côtés et de bras de transept prolongeant l'abside par un mur droit. Classé monument historique le 30 juin 1896 et inscrit au titre des sites le 22 novembre 1934, l'édifice conserve malgré son état une valeur patrimoniale reconnue. Le lieu a longtemps servi de point de rencontre aux brodeurs et brodeuses de Pont-l'Abbé pour décorer les costumes traditionnels du pays bigouden. Après plus de quatre-vingts ans d'abandon, une association de sauvegarde créée en 1983 a entrepris des travaux de consolidation, relancé le pardon de Saint-Jacques, organisé des visites guidées et assuré l'illumination des ruines. En 2010, l'association Les Amis de Lambour a lancé une souscription avec le soutien de la Fondation du patrimoine. Le pardon de Lambour est à nouveau célébré chaque année le dernier dimanche de juillet et le site accueille parfois des concerts.