Fondation de la confrérie 1436 (≈ 1436)
Création d'une confrérie de charité à Saint-Désir.
1758
Construction initiale
Construction initiale 1758 (≈ 1758)
Édification de l'église classique détruite pendant la Révolution.
1944
Destruction pendant la guerre
Destruction pendant la guerre 1944 (≈ 1944)
L'église est détruite par les bombardements alliés en juin 1944.
1956-1962
Reconstruction moderne
Reconstruction moderne 1956-1962 (≈ 1959)
Construction de la nouvelle église sous la direction de Robert Camelot.
2006
Classement historique
Classement historique 2006 (≈ 2006)
L'église est classée au titre des monuments historiques.
2024
Restauration des vitraux
Restauration des vitraux 2024 (≈ 2024)
Travaux de restauration des vitraux engagés en novembre 2024.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. AB 23) : classement par arrêté du 24 avril 2006
Personnages clés
Robert Camelot
Architecte en chef chargé de la reconstruction de l'église.
Max Ingrand
Artiste ayant réalisé la grande verrière nord.
Maurice Rocher
Artiste ayant réalisé le mobilier cultuel et le décor du baptistère.
Origine et histoire de l'Église Saint-Jacques
L'église Saint-Désir, édifice catholique situé au 37 avenue du 6-Juin, à l'angle de la rue du Héron à Lisieux (Calvados), remplace une église du XVIIIe siècle détruite pendant la bataille de Normandie. Elle appartenait à l'abbaye Notre‑Dame‑du‑Pré, communauté fondée à Saint‑Pierre‑sur‑Dives qui s'est installée à Lisieux ; une confrérie de charité existe à Saint‑Désir dès 1436 et l'édifice conservait des éléments précieux, notamment une croix de procession en argent. L'église classique construite en 1758 fut détruite pendant la Révolution, puis la chapelle assuma le rôle paroissial, avant d'être à nouveau anéantie par les bombardements alliés en juin 1944 ; vingt-et-une moniales y trouvèrent la mort. Le débroussaillement des décombres commence en 1946, avec la découverte de pavés du Pré d'Auge.
La nouvelle église est élevée entre 1956 et 1962 sous la direction de Robert Camelot, architecte en chef chargé de la reconstruction de la cité lexovienne. Conçue selon un parti moderne, elle présente un plan allongé à division tripartite de l'espace, un transept saillant, un toit en pente et sept travées ; sa large ouverture se situe au nord malgré une orientation liturgique traditionnelle. L'architecture se distingue par des solutions techniques audacieuses — préfabrication industrielle, voûtement du grand vaisseau, piles élancées — et par la mixité des matériaux (béton armé et fer), ainsi que par des effets formels tels que des murs éperons biais au nord de la nef. Le gros œuvre est achevé en 1959.
L'intérieur confirme la virtuosité monumentale de l'ensemble : la grande verrière nord, signée Max Ingrand et consacrée à l'Annonciation, est reconnue parmi les réalisations importantes de la Reconstruction en France ; les verrières du chœur mesurent 10,80 m sur 18,20 m. Le mobilier cultuel, de qualité, et le décor du baptistère réalisés par Maurice Rocher renforcent la valeur artistique de l'édifice.
Classée au titre des monuments historiques en 2006, l'église a connu des aléas récents : la commission de sécurité a ordonné une fermeture de quelques mois en 2014, elle a été désaffectée au culte par arrêté préfectoral le 1er décembre 2022, et un projet de transformation en salle de spectacle a été abandonné en raison du coût estimé à 12 millions d'euros. Des travaux de restauration des vitraux ont été engagés le 4 novembre 2024 pour remédier à des dégradations d'origine climatique et volontaires.