Origine et histoire de l'Église Saint-Jacques
L'église Saint-Jacques, située au cœur de Pau dans les Pyrénées-Atlantiques, jouxte le palais de justice. Érigée de 1861 à 1868 sur l'emplacement d'une chapelle des Cordeliers du XVIIe siècle, elle a été décorée intérieurement jusqu'en 1916. Au XIXe siècle, la ville organisée en deux paroisses jugea les églises primitives trop étroites ; une souscription lancée en 1860 permit d'entreprendre la construction près du boulevard du Midi, devenu boulevard des Pyrénées, sous la direction de l'architecte Émile Loupot ; les travaux débutèrent en juillet 1861 et s'achevèrent en 1868. De style néo-gothique, l'édifice présente une vaste nef centrale, deux bas-côtés, un transept et un chœur. Il conserve une ornementation soignée : tympans sculptés, peintures décoratives, vitraux et mobilier néo-gothique de qualité. La réalisation des 54 vitraux a été confiée au maître verrier Émile Thibaud ; ils sont tous inscrits à l'inventaire général des monuments historiques depuis 1990. Les vitraux de la chapelle, signés par la famille Mauméjean dans un style inspiré de l'Art nouveau, représentent notamment un ange, Joseph, saint Patrick et Marie-Madeleine. Les stalles et la chaire à prêcher ont été réalisées par l'ébéniste palois Mignou d'après les dessins d'Émile Loupot. Dans le transept, trois toiles marouflées de Joseph Castaing montrent la Vierge en gloire entourée d'anges musiciens et d'enfants de chœur chantant le Salve Regina ; des figures bibliques des arcatures supérieures et le collège apostolique sont attribués à l'entourage de Castaing. Dans l'abside du chœur, les toiles marouflées d'Henri Morisset illustrent quatre épisodes de la geste de saint Jacques — vocation, prédication, martyre et bataille de Clavijo — tandis que les peintures d'ornement sont l'œuvre des frères Decrept. Le bourdon, offert par Henri-Gaston de Galard et baptisé Cécile, fut fondu par les ateliers Léon Bollée en 1880 ; il mesure 2 mètres de diamètre pour 3 mètres de hauteur et pèse 6 tonnes « à nu ». Restauré dans les ateliers Laumaillé à Tarbes avec les autres cloches, il a retrouvé sa place en juin 2012. Les deux flèches, fragilisées par l'usure et la tempête de 1999, furent retirées en 2001 ; après plus de dix ans, la municipalité investit près d'1,5 million d'euros pour réhabiliter les flèches, réviser la couverture en ardoise, supprimer les infiltrations et restaurer trois vitraux abîmés ; les flèches ont été réinstallées en 2012, mesurent désormais 22 mètres au lieu de 17 et pèsent chacune 19 tonnes, dont 3,5 tonnes de zinc. L'orgue de tribune, réalisé par Joseph Merklin en 1870, est un instrument de trois claviers et pédalier comportant 37 jeux dont 29 réels ; il a fait l'objet de nombreuses restaurations. L'orgue de chœur, construit en 1999 à partir d'éléments de récupération, accompagne chaque dimanche le chœur et dialogue avec l'orgue de tribune. L'édifice mesure 61,5 mètres de longueur, 24 mètres de largeur et 40 mètres de hauteur, dont 22 mètres pour les nouvelles flèches.