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Église Saint-Jacques-du-Haut-Pas à Paris

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise de style classique

Église Saint-Jacques-du-Haut-Pas à Paris

    Rue de l'Abbé-de-l'Épée
    75005 Paris

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1180
Fondation de la commanderie
1360
Bénédiction de la chapelle
1584
Construction de la première église
1630
Reconstruction et inversion du chœur
1633
Érection en paroisse
1793
Pillage révolutionnaire
1801
Rétrocession aux catholiques
1957
Inscription aux Monuments Historiques
2017
Classement définitif
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Catherine de Médicis - Reine de France Installe les bénédictins en 1572.
Gaston d’Orléans - Prince, frère de Louis XIII Finance la reconstruction en 1630.
Angélique Arnauld - Abbesse de Port-Royal Lie l’église au jansénisme au XVIIᵉ siècle.
Anne Geneviève de Bourbon-Condé (duchesse de Longueville) - Protectrice de Port-Royal Finance la chapelle de la Vierge.
Libéral Bruant - Architecte Conçoit la chapelle de la Vierge (1688-1690).
Abbé Franz Stock - Prêtre résistant Obsèques en 1948 avec le futur Jean XXIII.

Origine et histoire

L’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas trouve ses origines en 1180, avec une commanderie fondée par des frères hospitaliers italiens de l’ordre de Saint-Jacques d’Altopascio. Ce lieu, dédié à l’accueil des pèlerins vers Compostelle, s’agrandit grâce à des dons et est bénit en 1360 par l’évêque de Paris. Son nom « Haut-Pas » rappelle le pont construit par ces religieux en Italie pour franchir un marécage sur l’Arno. Après la suppression de leur ordre en 1459, certains frères restent sur place, dans un quartier alors rural.

En 1572, Catherine de Médicis y installe les bénédictins chassés de l’abbaye Saint-Magloire, transférant les reliques de ce saint breton. En 1584, une première église est construite pour répondre à l’afflux de fidèles, puis agrandie en 1630 sous Gaston d’Orléans, avec une inversion de son orientation. Les travaux, ralentis par le manque de fonds, bénéficient de dons en nature des artisans locaux. L’église devient paroisse en 1633, dédiée à saint Jacques le Mineur et saint Philippe.

Au XVIIe siècle, l’église est liée au jansénisme via Port-Royal. Angélique Arnauld, abbesse janséniste, et la duchesse de Longueville y financent des aménagements, dont la chapelle de la Vierge (1688-1690) conçue par Libéral Bruant. Pendant la Révolution, l’église est pillée en 1793 mais reste ouverte au culte catholique, partagée brièvement avec les théophilantropes. Elle retrouve son usage exclusif en 1801 sous le Concordat.

Les XIXe et XXe siècles voient l’enrichissement de son décor : tableaux (dont une œuvre de Nélie Jacquemart en 1867), vitraux, et orgues hérités de l’église Saint-Benoît-le-Bétourné. L’église abrite aussi les tombeaux de savants comme Cassini et de La Hire. En 1948, les obsèques de l’abbé Franz Stock, figure de la résistance spirituelle, s’y déroulent en présence du futur pape Jean XXIII.

Classée monument historique depuis 2017 (après une inscription en 1957), l’église se distingue par son chœur orienté à l’ouest, son patrimoine artistique (tableaux des frères Le Nain, Bourdon) et son rôle dans l’histoire religieuse parisienne, du Moyen Âge à nos jours.

Liens externes