Frise chronologique
1603
Don fondateur de Pons Ceva
Don fondateur de Pons Ceva
1603 (≈ 1603)
Financement initial du collège jésuite.
12 février 1607
Première pierre du collège
Première pierre du collège
12 février 1607 (≈ 1607)
Début des travaux jésuites.
3 juin 1612
Première pierre de l’église
Première pierre de l’église
3 juin 1612 (≈ 1612)
Début de la *Chiesetta* dédiée.
1642-1650
Construction de la nouvelle église
Construction de la nouvelle église
1642-1650 (≈ 1646)
Agrandissement sous Guiberto probable.
1773
Expulsion des Jésuites
Expulsion des Jésuites
1773 (≈ 1773)
Conversion en écoles royales.
1802
Devenue paroissiale
Devenue paroissiale
1802 (≈ 1802)
Sous le vocable Saint-Jacques-le-Majeur.
1825
Façade baroque actuelle
Façade baroque actuelle
1825 (≈ 1825)
Réalisée par l’architecte Aycart.
25 octobre 1971
Classement monument historique
Classement monument historique
25 octobre 1971 (≈ 1971)
Protection officielle de l’État.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Jacques-le-Majeur dite du Gésu (cad. D 216) : classement par arrêté du 25 octobre 1971
Personnages clés
| Pons Ceva - Marchand niçois et mécène |
Finança le collège jésuite en 1603. |
| Saint Philippe Néri - Inspirateur du don |
Conseilla Pons Ceva pour la fondation. |
| Jean-André Guiberto - Architecte présumé |
Attribué à la conception de l’église. |
| Hercule Trachel - Peintre niçois |
Auteur des dessins de la voûte. |
| Aycart - Architecte du XIXe siècle |
Conçut la façade actuelle en 1825. |
| Clément XIV - Pape (1769-1774) |
Supprima l’ordre des Jésuites en 1773. |
Origine et histoire
L’église Saint-Jacques-le-Majeur, aussi appelée église du Gesù, fut édifiée au XVIIe siècle par les Jésuites comme chapelle de leur collège niçois. Sa construction débuta en 1612 sous le nom de Chiesetta, dédiée au Saint-Nom-de-Jésus et à Saint Just, grâce à un don du marchand niçois Pons Ceva, inspiré par saint Philippe Néri. Les travaux s’étalèrent jusqu’en 1650, avec une expansion majeure à partir de 1642 sous la direction probable de l’architecte Jean-André Guiberto, également associé à la cathédrale Sainte-Réparate et à l’église de l’Escarène.
Après l’expulsion des Jésuites en 1773, suite à la suppression de leur ordre par le pape Clément XIV, l’église et le collège furent convertis en écoles royales. Elle devint paroissiale en 1802 sous le vocable de Saint-Jacques-le-Majeur, après le Concordat. Sa façade baroque actuelle, réalisée par Aycart en 1825, masque une structure plus ancienne, tandis que son clocher de 42 mètres, en briques nues à la mode piémontaise, et sa voûte peinte au XIXe siècle par Hercule Trachel témoignent de son héritage artistique complexe.
L’intérieur, richement décoré de stucs inspirés de la basilique Santissima Annunziata del Vastato de Gênes, mêle influences maniéristes ligures et baroques piémontaises. Les chapelles latérales, dédiées à des saints comme Louis de Gonzague ou Crépin et Crépinien, abritent des retables et tableaux du XVIIe au XIXe siècle, reflétant les dévocions locales et corporatives. Classée monument historique en 1971, l’église incarne aujourd’hui un patrimoine religieux et architectural majeur de la Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Parmi ses éléments remarquables, la chaire à prêcher du XIXe siècle, ornée d’un bras tenant une croix amovible, rappelle l’eloquence jésuite. Les peintures de la voûte, illustrant la vie de saint Jacques et du Christ, furent réalisées d’après les dessins d’Hercule Trachel, artiste niçois également actif à Cimiez. Ces détails soulignent le rôle central de l’église dans la vie spirituelle et culturelle de Nice, depuis sa fondation jusqu’à son classement.
Les similitudes architecturales avec l’église du Gesù de Rome et les Saints-Martyrs de Turin confirment son ancrage dans la tradition jésuite post-tridentine. Le décor stuqué, moins maniériste que génois, marque une transition vers le baroque piémontais, tandis que les tuiles polychromes du clocher évoquent les influences ligures. Ces caractéristiques en font un témoin privilégié des échanges artistiques en Méditerranée occidentale aux XVIIe et XVIIIe siècles.