Origine et histoire de l'Église Saint-Jacques-le-Majeur
L'église Saint-Jacques-le-Majeur de Tillac est un édifice gothique construit au XVe siècle, situé dans le département du Gers, en région Occitanie. Elle illustre l’architecture religieuse médiévale, marquée par des transformations majeures au XIXe siècle. En 1855-1856, la nef fut reconstruite et des ouvertures latérales furent percées pour éclairer l’intérieur, remplaçant les baies gothiques d’origine. Le clocher-mur fut aussi remplacé par une tour, et la couverture refaite à deux pans après la suppression de l’ancienne voûte. Ces modifications ont profondément altéré son aspect initial, tout en préservant des éléments gothiques comme un oculus au-dessus de l’arc triomphal et des traces de décors peints.
L’église abrite un mobilier remarquable, dont un retable du XVIIIe siècle classé monument historique. À l’origine dépourvue de statues en 1840, elle s’enrichit ultérieurement d’œuvres comme une Vierge pèlerine et un saint Jacques en bois sculpté, inspiré de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. Parmi ses trésors liturgiques figurent des antiphonaires, ciboires, et bannières de procession, tandis que plusieurs objets (cloche, tableau) sont référencés dans la base Palissy. Ces éléments témoignent de son rôle central dans la vie religieuse locale, entre culte et mémoire collective.
L’intérieur se structure autour d’une nef unique ornée de chapelles latérales dédiées à l’Enfant-Jésus de Prague, à la Vierge à l’Enfant, et à saint Joseph. Le chœur, éclairé par des vitraux représentant l’Immaculée Conception, le Bon Pasteur et saint Jacques le Majeur, abrite un maître-autel en bois sculpté imitant le marbre, surmonté d’un tabernacle à ailes illustrant des scènes bibliques (Annonciation, Adoration des Mages). Un monument aux morts de la Première Guerre mondiale, intégré à la nef, rappelle aussi son ancrage dans l’histoire communautaire.
Inscrite à l’inventaire des monuments historiques depuis 2014, l’église appartient à la commune de Tillac. Son architecture, bien que transformée, conserve des traces de son passé médiéval, tandis que son mobilier reflète les évolutions du culte catholique aux XVIIIe et XIXe siècles. Les restaurations du XIXe siècle, bien que controversées pour leur impact sur l’authenticité gothique, ont permis sa préservation jusqu’à aujourd’hui, en faisant un lieu à la fois historique et vivant.
Les vitraux de l’abside, datés probablement du XIXe siècle, complètent cette iconographie religieuse, tandis que la chaire en bois et les statues de sainte Thérèse de Lisieux ou sainte Jeanne d’Arc illustrent des ajouts postérieurs, liés à la dévotion moderne. L’édifice, ouvert au public, reste un témoignage de la piété locale et des mutations architecturales subies par les églises rurales françaises.