Origine et histoire de l'Église Saint-Jacques-le-Majeur-et-Saint-Christophe
L'église Saint-Jacques-le-Majeur-et-Saint-Christophe, située à Houdan dans les Yvelines, est un édifice religieux catholique dont les premières mentions remontent au XVe siècle. De style gothique flamboyant pour la nef et la façade ouest, elle intègre un chœur Renaissance et des éléments des XIVe et XVIIIe siècles. Sa construction s’étale sur plusieurs siècles, avec des modifications majeures aux XVIe et XVIIe siècles, comme l’ajout de voûtes à clef pendante en 1608 ou la reconstruction du chœur après son effondrement en 1633. L’église, classée Monument Historique dès 1840, témoigne d’une histoire mouvementée, marquée par des restaurations successives et une adaptation aux besoins cultuels et politiques, notamment pendant la Révolution française.
L’intérieur de l’église abrite des trésors artistiques, dont une fresque monumentale (4,10 m x 4,60 m) dans la chapelle Notre-Dame de Montserrat, représentant un pèlerinage de 32 Houdanais en 1582 pour conjurer une épidémie de peste. Les vitraux, partiellement conservés, datent pour certains du XVIIIe siècle, bien que des meneaux aient été plâtrés par économie. L’orgue, construit en 1739 par Louis-Alexandre Clicquot et restauré en 1972, ainsi que les dimensions imposantes de l’édifice (50 m de long, 28 m de hauteur pour le chœur) soulignent son importance patrimoniale. Malgré son état inachevé – le bras nord du transept et le clocher sont tronqués –, l’église reste un symbole architectural et spirituel majeur en Île-de-France.
L’histoire de l’église est aussi marquée par des événements symboliques, comme sa transformation en « temple de la Raison et de l’Être Suprême » en 1790, durant la Révolution. Cette période est rappelée par une inscription sur le linteau du portail ouest : « le Peuple Français reconoît l'existence de l'Être Suprême et de l'Immortalité de l'Âme ». Les restaurations modernes, notamment en 1968-1969 pour l’édifice et en 1972 pour l’orgue, ont permis de préserver ce patrimoine exceptionnel, aujourd’hui propriété de la commune et ouvert à la visite.
Les chapelles du déambulatoire, dont celle de Notre-Dame de Montserrat, illustrent la richesse artistique de l’église. La fresque du pèlerinage, commandée pour commémorer un voyage en Espagne, est un témoignage rare des pratiques religieuses et des échanges culturels à la Renaissance. Les travaux des XVIIe et XVIIIe siècles, comme ceux menés par le frère Romain (vers 1712) ou Jean-Cyr Marie Vivenel (1777), ont façonné l’aspect actuel de l’édifice, mêlant héritage médiéval et adaptations baroques. L’église, avec son orgue classé et ses décors, reste un lieu de culte actif et un joyau du patrimoine yvelinois.