Frise chronologique
1612
Fondation du collège Sainte-Marie
Fondation du collège Sainte-Marie
1612 (≈ 1612)
Ouverture par les jésuites à Aire-sur-la-Lys.
1620
Envoi des plans à Rome
Envoi des plans à Rome
1620 (≈ 1620)
Projet initial du frère Jean Du Blocq.
1682-1688
Construction de l’église
Construction de l’église
1682-1688 (≈ 1685)
Financée par la famille de Caverel.
1763
Expulsion des jésuites
Expulsion des jésuites
1763 (≈ 1763)
Fermeture du collège et de l’église.
1795-1837
Occupation militaire
Occupation militaire
1795-1837 (≈ 1816)
Dépôt de munitions et salle de spectacle.
1846
Rétrocession au culte
Rétrocession au culte
1846 (≈ 1846)
Réouverture après la période révolutionnaire.
1853
Restauration majeure
Restauration majeure
1853 (≈ 1853)
Réinstallation du mobilier liturgique.
1942
Classement monument historique
Classement monument historique
1942 (≈ 1942)
Protection officielle de l’édifice.
1950
Redécouverte des panneaux dorés
Redécouverte des panneaux dorés
1950 (≈ 1950)
Sauvetage après les bombardements de 1944.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Jacques-le-Majeur et Saint-Ignace : classement par arrêté du 9 août 1942
Personnages clés
| Jean Du Blocq - Maître d’œuvre initial |
Auteur des plans envoyés à Rome. |
| Jean Bégrand - Directeur du chantier |
Modifia le plan original (1682-1688). |
| Famille de Caverel - Mécènes et donateurs |
Finança la construction et choisit le vocable. |
| Lazare Carnot - Dirigeant révolutionnaire |
Présida les *Amis de la Constitution* dans l’église. |
| Monseigneur Scott - Curé doyen (1840) |
Relégua les panneaux dorés aux combles. |
Origine et histoire
L’église Saint-Jacques-le-Majeur-et-Saint-Ignace d’Aire-sur-la-Lys, édifiée entre 1682 et 1688, est une réalisation baroque tardive des jésuites. Son chantier, financé par les legs de la famille de Caverel, s’inscrit dans le projet du collège Sainte-Marie fondé en 1612. Les plans initiaux du frère Jean Du Blocq, modifiés par le frère Jean Bégrand, reflètent les principes liturgiques du concile de Trente, avec une nef unique prolongée d’une abside circulaire. Le double vocable, Saint-Jacques-le-Majeur et Saint-Ignace-de-Loyola, honore les donateurs.
Expulsés en 1763, les jésuites abandonnent l’église, qui devient pendant la Révolution une salle de réunion des Amis de la Constitution, dirigée un temps par Lazare Carnot. Vandalisée (mobilier dispersé, vitraux brisés), elle est ensuite transformée en dépôt militaire (1795-1837) avant d’être rendue au culte en 1846. Une restauration majeure en 1853, menée par les prêtres de Saint-Bertin, réinstalle autels, stalles et chaire, tandis que 14 panneaux en bois doré du XVIIIe siècle, sauvés des combles de la collégiale Saint-Pierre après 1944, y trouvent refuge.
Classée monument historique en 1942, l’église se distingue par sa façade de 33 mètres, dépourvue de clocher, et son intérieur marqué par une croix latine symbolique. La crypte, initialement destinée aux sépultures des jésuites, rappelle sa vocation première. Aujourd’hui paroissiale, elle conserve des statues baroques d’apôtres et d’Ignace de Loyola, dont l’origine reste mystérieuse. Son histoire reflète les bouleversements religieux et politiques de la France, de l’Ancien Régime à la restauration concordataire.
Les sources architecturales soulignent son appartenance au réseau des églises jésuites des Pays-Bas méridionaux, avec des influences stylistiques partagées entre Flandre et Artois. Les archives mentionnent des échanges avec Rome pour valider les plans (1620), révélant l’importance stratégique de ce projet pour la Compagnie de Jésus. Les bombardements de 1944, bien que destructeurs pour la ville, épargnèrent partiellement l’édifice, permettant la redécouverte des panneaux dorés dans les années 1950.