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Église Saint-Jean dans les Alpes-de-Haute-Provence

Église Saint-Jean

    5 Boulevard Raoul Dufy
    04300 Forcalquier

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Intégration au temporel épiscopal
1415
Suppression de la paroisse
XVIIe siècle
Premiers effondrements
1937
Désaffectation définitive
XXe siècle
Ruines accélérées
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Classé MH

Personnages clés

Géraud Chabrier - Évêque de Sisteron (XIe siècle) Intègre l’église au temporel de la concathédrale.
Léon de Berluc-Pérussis - Historien du XIXe siècle Propose l’hypothèse d’un ancien baptistère.
Guy Barruol - Historien de l’architecture Attribue l’abside à la campagne romane principale.
Mariacristina Varano - Chercheuse en histoire médiévale Soutient une origine paroissiale urbaine.
Raymond Collier - Spécialiste d’art roman Date le chœur du XIe–début XIIIe siècle.

Origine et histoire

L’église Saint-Jean de Forcalquier, de style roman, est datée majoritairement des XIIe et XIIIe siècles par les historiens. Certains éléments, comme le chœur, pourraient remonter à la fin du XIe ou au début du XIIIe siècle, tandis que la nef et la façade dateraient d’un siècle plus tard. Son orientation désaxée, avec une abside semi-circulaire orientée au nord, suggère soit la réutilisation d’un chœur ancien, soit une adaptation à la pente du terrain, hypothèse renforcée par des similitudes avec d’autres églises locales comme la chapelle Saint-Donat de Montfort.

À l’origine, son statut paroissial fait débat : certains auteurs, comme Léon de Berluc-Pérussis ou Guy Barruol, la considèrent comme une paroisse urbaine intégrée au bourg de Forcalquier dès le XIe siècle, tandis que Jean-Yves Royer propose une origine rurale. En 1100, l’évêque Géraud Chabrier l’intègre au temporel de la concathédrale de Forcalquier. La crise du XIVe siècle (peste noire, guerre de Cent Ans) entraîne la suppression de sa paroisse en 1415, fusionnée avec Notre-Dame-du-Bourguet, bien que des messes y soient encore célébrées jusqu’au XVIIe siècle.

L’édifice subit des dégradations progressives : une partie de sa voûte s’effondre dès le XVIIe siècle, malgré des réparations par les pénitents bleus. Abandonnée avant la Révolution, elle est brièvement réaffectée sous le régime concordataire à une confrérie de pénitents (gris et bleus), avant d’être définitivement désaffectée en 1937. Au XXe siècle, l’effondrement des deux premières travées accélère sa ruine, malgré l’ajout d’un toit métallique et de murets de stabilisation. Aujourd’hui, elle se dégrade sans restauration majeure.

Architecturalement, l’église, longue de 26 mètres, présente une nef à cinq travées voûtée en berceau brisé, éclairée par des fenêtres à double ébrasement. La façade, sobre mais soignée, date de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle, avec un portail surmonté de voussures crénelées et un oculus. Les traces de trois départs de murs orthogonaux sur le flanc nord pourraient indiquer d’anciens arcs rampants, tandis que l’abside, aux appareils hétérogènes, alimente les hypothèses d’une construction en deux phases.

L’hypothèse d’un ancien baptistère, avancée au XIXe siècle par Berluc-Pérussis, reste controversée faute de preuves archéologiques ou d’un vocable complet (comme « Saint-Jean-Baptiste »). Les études récentes, comme celles de Mariacristina Varano, privilégient une origine paroissiale urbaine, liée à l’expansion médiévale de Forcalquier sur le versant sud de sa colline. La désaffectation précoce et les ruines actuelles reflètent les difficultés de préservation d’un patrimoine roman marginalisé.

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