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Eglise Saint-Jean Baptiste en Charente

Eglise Saint-Jean Baptiste

    28 Route des Templiers
    16450 au Grand-Madieu
Propriété de la commune
Eglise Saint-Jean Baptiste
Eglise Saint-Jean Baptiste
Eglise Saint-Jean Baptiste
Eglise Saint-Jean Baptiste
Eglise Saint-Jean Baptiste
Eglise Saint-Jean Baptiste
Eglise Saint-Jean Baptiste
Eglise Saint-Jean Baptiste
Eglise Saint-Jean Baptiste
Eglise Saint-Jean Baptiste
Crédit photo : Jack ma - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
fin XIIe siècle
Construction de l'église
1312
Passage aux Hospitaliers
1374-1375
Mention dans les comptes
XVe siècle
Modification de la voûte
1790
Dernier commandeur
12 octobre 1973
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise Saint-Jean Baptiste (cad. D 253) : inscription par arrêté du 12 octobre 1973

Personnages clés

Thomas Rigaud de Sérézin - Dernier commandeur Chevalier en 1790, gérant des revenus.
Trudon des Ormes - Chroniqueur médiéval Mentionne le Mas-Dieu de Loubert (Petit-Madieu).
Louis Augustin Vayssière - Historien local Cite un membre de Saint-Jean-de-Treim.

Origine et histoire

L'église Saint-Jean Baptiste du Grand-Madieu, construite à la fin du XIIe siècle, était à l'origine la chapelle d'une commanderie templière, puis hospitalière après 1312. Ce monument, situé sur un itinéraire secondaire fréquenté par les pèlerins vers Saint-Jacques-de-Compostelle, illustre l'architecture sobre des Templiers avec son rectangle de 19 mètres de long et son chevet plat percé d'un triplet. La nef, couverte d'un berceau brisé, était éclairée principalement par le sanctuaire, tandis que le clocher, exceptionnellement placé sur l'abside rectangulaire, fut ajouté plus tardivement.

En 1312, la commanderie passa aux Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem après la dissolution de l'ordre du Temple. Les Hospitaliers unirent plusieurs commanderies voisines (Petit-Madieu, Chambon) à celle du Grand-Madieu, formant une importante seigneurie ecclésiastique en Angoumois. Au XVIe siècle, la commanderie avait le titre de châtellenie, et son commandeur nommait des officiers de justice comme un sénéchal. Les revenus de la commanderie, incluant des terres et un moulin, s'élevaient à 4 600 livres en 1790 sous le dernier commandeur, Thomas Rigaud de Sérézin.

L'église, utilisée conjointement comme chapelle de commanderie et église paroissiale, fut modifiée au XVe siècle pour supporter un clocher rectangulaire, une particularité rare pour une église templière. Le portail, richement décoré de sculptures et de rosaces, et les fresques partiellement conservées témoignent de son importance historique. Les bâtiments annexes, comme le logis du commandeur, aujourd'hui en ruines, s'appuyaient directement sur le mur nord de l'édifice. Classée monument historique en 1973, cette église reste un vestige emblématique de l'héritage templier et hospitalier en Nouvelle-Aquitaine.

La commanderie possédait des terres et une bachellerie (service d'entretien des routes), reflétant son rôle économique et logistique dans la région. Une maladrerie, bien que mentionnée par des sources anciennes, n'a laissé aucune trace archéologique. L'église, avec son triplet caractéristique et son chevet plat, suit le modèle des chapelles templières de l'Angoumois, comme celle de Coulonges. Son histoire est aussi liée aux pèlerinages médiévaux, le Grand-Madieu étant une étape sur la route vers Saint-Jacques-de-Compostelle et Saintes.

Architecturalement, l'église se distingue par sa façade ornée d'une porte à deux rouleaux décorés de boudins et de rosaces, entourée d'un cordon à pointes de diamant. À l'intérieur, la nef unique, couverte d'un berceau brisé, et le chevet plat percé de trois baies (dont une centrale surélevée) rappellent les canons de construction templiers. Les modifications ultérieures, comme le murage des baies pour un autel baroque, furent partiellement annulées lors de restaurations, révélant à nouveau les fresques médiévales.

Liens externes