Frise chronologique
1538
Première mention écrite
Première mention écrite
1538 (≈ 1538)
Église dédiée à saint Jean-Baptiste citée.
1617
Remplacement de l'édifice
Remplacement de l'édifice
1617 (≈ 1617)
Jugée trop petite, reconstruite sur l’ancien cimetière.
1839
Début de la reconstruction
Début de la reconstruction
1839 (≈ 1839)
Façade et clocher construits par Virebent.
1840-1841
Travaux du clocher et portail
Travaux du clocher et portail
1840-1841 (≈ 1841)
Financés par quêtes et subventions locales.
1845-1848
Construction nef et sanctuaire
Construction nef et sanctuaire
1845-1848 (≈ 1847)
Achèvement du gros œuvre et décoration.
1866
Fin des décorations
Fin des décorations
1866 (≈ 1866)
Mort du curé Pujos, acteur clé.
1984
Classement monument historique
Classement monument historique
1984 (≈ 1984)
Inscrite par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. B 125) : inscription par arrêté du 17 avril 1984
Personnages clés
| Auguste Virebent - Architecte |
Conçoit les plans néo-classiques de l’église. |
| Curé Pujos - Curé d’Ondes (1827-1866) |
Moteur de la reconstruction et donateur. |
| Frères Virebent - Sculpteurs |
Auteurs des terres cuites (statues, décorations). |
| Plâtriers Lagèze et Lafon - Artisans |
Réalisent le chœur et ses décors. |
Origine et histoire
L’église Saint-Jean-Baptiste d’Ondes trouve sa première mention écrite en 1538, dédiée alors à la décollation de saint Jean-Baptiste, avec une chapelle annexée à Notre-Dame de l’Annonciation. Jugée trop exiguë en 1617, elle est remplacée par un nouvel édifice bâti sur l’emplacement de l’ancien cimetière. Au début du XIXe siècle, son état de délabrement pousse la paroisse à entreprendre une reconstruction majeure.
En 1839, le conseil de fabrique lance les travaux sous la direction de l’architecte Auguste Virebent, oncle du curé Pujos. La façade et le clocher sont érigés en priorité, avec une participation massive des habitants : 130 journées d’hommes et 200 d’enfants offertes bénévolement, ainsi que le transport gratuit des matériaux (briques, chaux, sable). Les économies réalisées grâce à cet élan collectif sont estimées à 530 francs, tandis que les dépenses sont couvertes par les quêtes, les recettes des chaises, et des fonds résiduels.
La construction se poursuit par étapes, rythmée par les dons et les subventions. En 1840, les travaux incluent la serrurerie du portail, la charpente, et l’élévation du clocher, avec un coût partagé entre la fabrique, la commune (200 F en 1842), et l’État (400 F). Entre 1844 et 1845, le sanctuaire, les chapelles et les sacristies sont édifiés, avec une main-d’œuvre largement bénévole : enfants ramassant les cailloux, charpentiers et maçons travaillant gratuitement. Le chœur, orné de colonnes corinthiennes en stuc imitant le marbre, est achevé en 1846 avec des éléments sculptés par les frères Virebent.
La nef, dernière phase majeure, est construite entre 1845 et 1848, reliant le clocher au sanctuaire. La décoration intérieure se prolonge jusqu’en 1866, année de la mort du curé Pujos, figure centrale du projet. L’église, classée monument historique en 1984, résiste notamment à l’inondation de 1875, témoignant de la solidité de sa construction et de l’engagement communautaire qui l’a portée.
L’architecture mêle tradition classique et néo-antique, avec un fronton triangulaire orné d’un médaillon de saint Jean-Baptiste enfant, encadré par des statues de saint André et saint Pierre. Les matériaux locaux (briques blanches de Castelnau, chaux de Toulouse) et le savoir-faire artisanal (terres cuites des frères Virebent) soulignent son ancrage territorial. L’édifice incarne ainsi à la fois une réalisations religieuse, une prouesse collective, et un patrimoine artistique régional.