Frise chronologique
1102
Fondation de l’abbaye des Dames
Fondation de l’abbaye des Dames
1102 (≈ 1102)
Lien possible avec les origines de l’église.
début XIIe siècle
Construction primitive
Construction primitive
début XIIe siècle (≈ 1204)
Nef romane en croix latine.
XIIIe siècle
Ajout du chœur gothique
Ajout du chœur gothique
XIIIe siècle (≈ 1350)
Chapiteaux sculptés et clef de voûte.
1739
Effondrement du clocher
Effondrement du clocher
1739 (≈ 1739)
15 ans de travaux de réparation.
25 mai 1940
Destruction partielle
Destruction partielle
25 mai 1940 (≈ 1940)
Obus allemand et incendie.
1995–2008
Restauration du chœur
Restauration du chœur
1995–2008 (≈ 2002)
Inauguration finale en 2008.
2023
Classement complet
Classement complet
2023 (≈ 2023)
Inscription de l’église en totalité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures (cad. C 272) : inscription par arrêté du 4 mars 1983
Personnages clés
| Clémence de Bourgogne - Comtesse |
Fondatrice de l’abbaye en 1102. |
| Charles VI - Roi de France |
Troupes impliquées dans le sac de 1383. |
| Cardinal Achille Liénart - Prélat |
Bénit la restauration en 1933. |
| Anthony Caro - Sculpteur |
Auteur du *Chœur de Lumière* (2008). |
Origine et histoire
L’église Saint-Jean-Baptiste de Bourbourg, située dans le département du Nord (région Hauts-de-France), trouve ses origines au début du XIIe siècle, comme en attestent ses soubassements en briques et pierres calcaires. Sa fondation pourrait être liée à celle de l’abbaye des Dames bénédictines nobles en 1102 par la comtesse Clémence de Bourgogne. Le chœur gothique, ajouté au XIIIe siècle, contraste avec la nef romane initiale en forme de croix latine. L’édifice subit des transformations majeures aux XVIe, XVIIe et XIXe siècles, incluant l’ajout de nefs latérales, la prolongation du transept, et la construction d’un clocher en briques.
Au XVIIe siècle, l’église est partiellement détruite par les guerres régionales, nécessitant une reconstruction prolongée, notamment après l’effondrement du clocher en 1739 (15 ans de travaux). Avant la Révolution, son fonctionnement repose sur des dons (rentes, terres, maisons) et des revenus liés aux cérémonies religieuses. Pendant la Rvolution française, ses biens sont vendus comme biens nationaux, ne lui laissant que 8 hectares de terres en 1808. Les comptes, déséquilibrés au XVIIIe siècle, retrouvent un équilibre post-Révolution.
Les conflits modernes marquent profondément l’édifice : endommagée par des bombardements en 1918, elle est restaurée et bénie en 1933 par le cardinal Achille Liénart. Le 25 mai 1940, un obus allemand perce la tour, et un avion abattu embrase la toiture, détruisant le clocher et un orgue du XVIIIe siècle. En 1944, douze fosses et pierres tombales anciennes sont découvertes. La reconstruction s’étale jusqu’en 1962 (nef rouverte) et 2008 (chœur gothique restauré), après des travaux initiés en 1995.
Le chœur, classé monument historique depuis 1920 (étendu à l’ensemble de l’église en 2023), abrite des vitraux narrant l’histoire religieuse locale, dont l’attentat contre la statue de Notre-Dame de Bourbourg en 1383. Cette dernière, liée à un miracle lors du sac de la ville par les troupes de Charles VI, devient un objet de pèlerinage. Une châsse du XVe siècle commémore cet événement, tandis qu’une commande publique de 2000 (« Le Chœur de Lumière » par Anthony Caro) modernise l’espace avec 15 sculptures inaugurées en 2008. Le carillon, rénové, passe de 36 à 50 cloches.
Architecturalement, l’église mêle une nef centrale aux colonnes de pierre du Boulonnais, un chœur gothique aux chapiteaux sculptés, et un portail ouest du XIIIe siècle à arc fléché, exemple rare de transition roman-gothique. Les nefs latérales, ajoutées au XVIe siècle, transforment l’édifice en hallekerke. Les vitraux et pierres tombales (XVe–XVIe siècles) rappellent son rôle central dans la vie communautaire et religieuse de Bourbourg, entre culte, pèlerinages et mémoire historique.