Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Église Saint-Jean-Baptiste de Bourganeuf dans la Creuse

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise romane et gothique

Église Saint-Jean-Baptiste de Bourganeuf

    1-2 D940B
    23400 Bourganeuf
Propriété de la commune
Église Saint-Jean-Baptiste de Bourganeuf
Église Saint-Jean-Baptiste de Bourganeuf
Église Saint-Jean-Baptiste de Bourganeuf
Église Saint-Jean-Baptiste de Bourganeuf
Église Saint-Jean-Baptiste de Bourganeuf
Église Saint-Jean-Baptiste de Bourganeuf
Crédit photo : Langladure - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1177-1205
Échanges documentés avec les Cisterciens
XIIe siècle
Construction de la chapelle initiale
XIIIe siècle
Ajout du clocher octogonal
1427
Aménagements par Jean de Lastic
1484
Construction de la tour Zizim
XVe siècle
Ajout des chapelles latérales
1742
Remplacement de la flèche effondrée
1839 et 1856-1857
Restaurations majeures
1913
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise : classement par arrêté du 3 mai 1913

Personnages clés

Jean de Lastic - Prieur et maître de l'Ordre (1427) Obtint des exemptions de Charles VII.
Guy de Blanchefort - Neveu de Pierre d'Aubusson Constructeur de la tour Zizim (1484).
Pierre d'Aubusson - Prieur vers 1474-1475 Fit des donations à la commanderie.
Guillaume de Bramon - Maître des Hospitaliers (Limousin, XIIᵉ) Échanges avec l'abbé Bernard II.
Bernard II - Abbé cistercien (1177-1193) Correspondance sur les limites territoriales.

Origine et histoire

L'église Saint-Jean-Baptiste de Bourganeuf, située dans la Creuse en Nouvelle-Aquitaine, fut construite à partir du XIIe siècle par les Chevaliers de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem (futurs Chevaliers de Malte). Ce site devint la capitale de la Langue d'Auvergne de l'ordre, un titre conservé jusqu'en 1787 malgré un transfert administratif à Lyon en 1750. La chapelle initiale, rectangulaire et à quatre travées, fut édifiée au XIIe siècle, avec une façade sud encore bien conservée. Des échanges documentés entre l'abbé Bernard II (1177-1193) et les Hospitaliers attestent de son importance précoce.

Au XIIIe siècle, le clocher octogonal fut ajouté, tandis que la travée du chevet, voûtée d'ogives, pourrait dater de cette période ou du début du XIIIe, comme le suggère sa ressemblance avec l'église de La Souterraine (vers 1220). Les Hospitaliers, installés dès 1096 ou le début du XIIe siècle, transformèrent Bourganeuf en un centre stratégique, avec 53 commanderies sous son autorité. La tour Zizim, construite en 1484 par Guy de Blanchefort, symbolise cette puissance, tout comme les aménagements entrepris par le prieur Jean de Lastic (maître de l'Ordre en 1427) sous Charles VII.

Le XVe siècle marqua une phase de restauration et d'expansion : les deux premières travées furent voûtées, et quatre chapelles latérales ajoutées pour répondre aux besoins d'une paroisse grandissante, desservie par une communauté de prêtres dont les statuts furent enregistrés en 1506. La grande fenêtre flamboyante côté est et la sacristie à deux étages datent également de cette époque. Après l'effondrement de la flèche en pierre au XVIIIe siècle (remplacée en 1742), l'église subit des restaurations majeures en 1839 et 1856-1857, avant son classement aux Monuments Historiques en 1913.

L'édifice mêle ainsi des éléments romans (nef initiale), gothiques (voûtes, clocher) et Renaissance (chapelles), reflétant son évolution sous l'influence des Hospitaliers. Son histoire est indissociable de celle de l'ordre, dont Bourganeuf fut un haut lieu administratif et religieux jusqu'à la Révolution. Les documents médiévaux, comme ceux échangés avec l'abbaye cistercienne du Palais-Notre-Dame (1177-1205), soulignent son rôle central dans le Limousin médiéval.

Aujourd'hui, l'église conserve des traces de ses multiples phases de construction, dont la coupole irrégulière portant le clocher (XIIIe siècle) et les verrières mentionnées dans une inscription de 1484. Son plan original, à vaisseau unique de quatre travées, fut enrichi par les ajouts tardifs, témoignant de l'adaptation continue du bâtiment aux besoins cultuels et politiques de l'ordre hospitalier.

Liens externes