Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Édifice roman bâti par un prieuré augustinien
1321
Fondation d'une léproserie
Fondation d'une léproserie
1321 (≈ 1321)
L'église accueille des lépreux sous dépendance monastique
1427
Destruction partielle
Destruction partielle
1427 (≈ 1427)
Incendie par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans
XVe-XVIe siècles
Reconstruction et ajouts
Reconstruction et ajouts
XVe-XVIe siècles (≈ 1650)
Nef, chapelles et clocher-mur actuels édifiés
22 août 1949
Classement MH
Classement MH
22 août 1949 (≈ 1949)
Inscription à l'inventaire des monuments historiques
juillet 2025
Fermeture au public
Fermeture au public
juillet 2025 (≈ 2025)
Désordres structurels majeurs détectés dans les voûtes
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 22 août 1949
Personnages clés
| Seigneurs de Campagne - Fondateurs et bienfaiteurs |
Inhumés sous le chœur dès le XIIe siècle |
| Anglais (1427) - Destructeurs |
Auteur de l'incendie de l'église et du château |
| Augustins de Saint-Cyprien - Ordre religieux fondateur |
Prieuré dépendant de leur abbaye mère |
Origine et histoire
L'église Saint-Jean-Baptiste de Campagne, située dans le village éponyme en Dordogne (Nouvelle-Aquitaine), trouve ses origines au XIIe siècle comme édifice roman. Construite par un prieuré augustinien dépendant de Saint-Cyprien, elle abritait une léproserie dès 1321 avant de devenir paroissiale à la fin du XIVe siècle. Son architecture initiale se caractérise par un chœur roman aux chapiteaux sculptés et une nef étroite de 20,60 mètres de long.
La guerre de Cent Ans marque un tournant violent pour le monument : en 1427, les Anglais incendient le château voisin et ravagent l'église. Cette destruction entraîne une reconstruction partielle aux XVe-XVIe siècles, avec l'ajout d'une chapelle funéraire seigneuriale au sud du chœur, une baie élargie au chevet, et l'édification du clocher-mur actuel à trois baies. La nef et les chapelles latérales sont également reconstruites durant cette période, tandis que des modifications ultérieures (porte massive en 1841, fenêtre en 1887) adaptent l'édifice aux besoins paroissiaux.
L'église conserve des éléments remarquables comme une litre funéraire noire dans la nef, des culs-de-lampe sculptés dans la chapelle seigneuriale (têtes humaines et animal), et deux cloches historiques (1626 et 1822). Son chevet plat, orné d'arcatures aveugles en plein cintre, et sa coupole sur trompes (refaute en forme ovoïde) illustrent la transition entre les styles roman et gothique. Classée monument historique en 1949, elle est fermée au public depuis juillet 2025 en raison de désordres structurels majeurs affectant ses voûtes.
Architecturalement, l'édifice présente une orientation sud-est/nord-ouest atypique. Son clocher-mur, caractéristique du Périgord, domine un portail en arc brisé à l'ouest. La chapelle seigneuriale, isolée du chœur par une porte en noyer, communique directement avec le parc du château adjacent, soulignant les liens étroits entre l'église et la noblesse locale. Les vitraux datés de 1887 et les toitures refaites à la même époque témoignent des dernières campagnes de restauration avant sa protection officielle.
Le site occupe une position stratégique à l'angle des routes départementales 35 et 706, au cœur du Périgord noir. Son histoire reflète les bouleversements régionaux : des origines monastiques à la guerre de Cent Ans, en passant par son rôle paroissial et funéraire pour les seigneurs de Campagne. Les modifications successives, comme l'ajout de la grande porte en 1841 ou l'ouverture d'une fenêtre sur le parc du château en 1887, révèlent une adaptation constante aux besoins cultuels et sociaux de la communauté.