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Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource dans l'Aube

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise gothique

Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource

    1-15 Place de l'Église
    10210 Chaource
Propriété de la commune
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaource
Crédit photo : Stéphane Batigne - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
880
Acquisition de Chaource par l'abbaye de Montiéramey
1304
Consécration de l'église
Fin XIIe - XIIIe siècle
Construction du chœur
1515
Construction de la chapelle du Sépulcre
1538
Fondation de la chapelle du Paradis
XVIe siècle
Achèvement de l'édifice
1840
Classement Monument Historique
1940
Bombardement et dommages
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise : classement par liste de 1840

Personnages clés

Bertrand de Goth - Évêque de Langres Consacre l'église en 1304.
Thibaut IV de Champagne - Comte de Champagne Règne pendant le début des travaux.
Sébastien David - Seigneur des Bruyères Fonde la chapelle du Paradis (1538).
Bertrande Le Tartrier - Épouse de Sébastien David Donatrice de la chapelle du Paradis.
Nicolas de Monstier - Chevalier et capitaine de Chaource Commanditaire de la chapelle du Sépulcre (1515).
Jacques de Létin - Peintre troyen Auteur présumé d'un tableau (XVIIe).
Jean-Barthélemy Parrocel - Peintre Auteur d'un tableau classé MH (1906).
Jacques Bachot - Sculpteur présumé Attribué à la *Mise au Tombeau*.

Origine et histoire

L'église Saint-Jean-Baptiste de Chaource, édifiée principalement au XVIe siècle, trouve ses origines dans un projet initié dès la fin du XIIe siècle par l'abbaye Saint-Pierre de Montiéramey, alors propriétaire de la cité depuis 880. Le chœur, financé par l'abbaye, fut achevé au XIIIe siècle, tandis que les paroissiens prirent en charge les chapelles et autres parties, dont la construction fut retardée par la peste noire et la guerre de Cent Ans. L'édifice fut finalement consacré en 1304 par Bertrand de Goth, évêque de Langres, sous le vocable initial de sainte Marguerite, avant d'être dédié à saint Jean-Baptiste.

L'église, classée monument historique dès 1840, illustre un plan en croix latine typiquement gothique, avec une nef orientée ouest-est. Son intérieur abrite une soixantaine de sculptures médiévales, dont des œuvres majeures de l'école de sculpture troyenne, comme les statues polychromes de sainte Barbe et sainte Marguerite (XVIe siècle). La chapelle du Sépulcre, construite en 1515, renferme une Mise au Tombeau considérée comme l'une des plus émouvantes d'Europe, attribuée à l'atelier du Maître de Chaource. Les vitraux, restaurés après les bombardements de 1940, datent pour certains de 1536 et dépeignent des scènes bibliques comme la vie de saint Sébastien.

Le financement de l'édifice reflète les coutumes médiévales : l'abbaye assuma les frais du chœur, tandis que les paroissiens et des donateurs locaux, comme Sébastien David et son épouse Bertrande Le Tartrier, financèrent les chapelles et les œuvres d'art. La chapelle du Paradis, fondée en 1538, abrite une crèche du XVIe siècle et un retable de la Passion daté de 1532. L'orgue, installé en 1791, provient de l'abbaye de Montiéramey et fut restauré au XIXe siècle. Ces éléments témoignent de l'importance de Chaource comme centre religieux et artistique en Champagne.

Parmi les particularités architecturales, on note les hagioscopes (ouvertures dans les piliers permettant de voir le chœur), la clôture Renaissance de la chapelle du Paradis (1538), et les verrières narrant l'Apocalypse selon saint Jean, inspirées des gravures de Dürer. Le caveau sous la chapelle du Sépulcre, où reposaient des notables avant la Révolution, et les armoiries des donateurs (comme celles des Monstier) rappellent le rôle des familles nobles dans l'embellissement de l'édifice. L'église, toujours propriété communale, reste un témoignage exceptionnel de l'art gothique tardif et de la dévotion champenoise.

Les sculptures, comme le Christ de Pitié ou les statues de saint Vorles et saint Éloi, reflètent des cultes locaux forts, notamment celui de saint Edme, populaire en Champagne et Bourgogne. La Mise au Tombeau, avec ses huit personnages en pierre polychrome, est souvent associée à l'atelier du Maître de Chaource, bien que son attribution à Jacques Bachot reste hypothétique. Les restaurations successives, notamment après 1940, ont préservé ce patrimoine, tout en révélant des fragments de peintures murales, comme ceux de la voûte du Sépulcre.

L'église Saint-Jean-Baptiste incarne ainsi près de sept siècles d'histoire religieuse et artistique, depuis sa fondation médiévale jusqu'à son classement parmi les premiers monuments historiques français. Son orgue, ses retables, et ses vitraux en font un lieu de pèlerinage culturel, tandis que ses sculptures, comme la Vierge à l'Enfant au corps disproportionné, illustrent l'évolution des styles entre le gothique flamboyant et la Renaissance. Les archives communales et les études récentes, comme celles de Julien Marasi, continuent d'éclairer son histoire et ses mystères, dont l'identité du Maître de Chaource.

Liens externes