Église Saint-Jean-Baptiste de Chaumont-en-Vexin dans l'Oise

Patrimoine classé Patrimoine religieux Architecture gothique flamboyant

Église Saint-Jean-Baptiste de Chaumont-en-Vexin

  • 3-10 Rue de l'Église 
  • 60240 Chaumont-en-Vexin
Église Saint-Jean-Baptiste de Chaumont-en-Vexin
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Crédit photo : Sanchalex - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1530-1554
Construction de l'église
1547
Achèvement du déambulatoire
1560
Ajout du tympan Renaissance
1721
Acquisition des stalles
15 novembre 1913
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise : classement par arrêté du 15 novembre 1913

Personnages clés

Nicolas Jouette Maître-maçon responsable de la construction de l'église dans les années 1530.
Jean Grappin Architecte dont le style a influencé le projet de l'église.
Robert Grappin Architecte dont les réalisations ont inspiré les piliers de l'église.
Henri II Roi sous le règne duquel le clocher a pu être bâti.

Origine et histoire de l'Église Saint-Jean-Baptiste

L'église Saint-Jean-Baptiste, église paroissiale catholique de Chaumont-en-Vexin, s'élève sur le flanc oriental de la butte du vieux château, à l'écart du bourg et accessible uniquement par un long escalier. Principal édifice religieux du Vexin français entièrement bâti au XVIe siècle, elle forme un ensemble homogène de style gothique flamboyant élevé en une seule campagne de construction entre environ 1530 et 1554. Quelques éléments relèvent de la Renaissance — notamment certaines clés de voûte, des parties du décor du portail du croisillon nord et le clocher — mais le clocher est demeuré inachevé et ni la seconde tour de façade ni la première travée de la nef n'ont jamais été édifiées. À l'extérieur, le portail du croisillon nord, richement décoré dans le registre flamboyant, constitue l'élément le plus remarquable. L'intérieur, vaste et lumineux, présente une modénature complexe et originale tout en conservant de fortes références à l'architecture des XIVe et XVe siècles : transept largement débordant, piliers dérivés des piliers fasciculés et chapiteaux de feuillages rappellent ces traditions. Contrairement à l'usage des grands édifices gothiques antérieurs, la nef ne comporte pas de triforium et l'élévation du vaisseau central ne compte que deux niveaux. Le plan, cruciforme avec déambulatoire mais sans chapelles rayonnantes, est une particularité héritée du premier plan de Notre‑Dame de Paris et témoigne aussi d'une inspiration venue de la collégiale de Gisors ; le maître‑maçon responsable du projet apparaît comme un proche collaborateur de Jean Grappin.
Parmi le mobilier, les stalles du XVIe siècle — provenant de la collégiale de Gisors — et certains vitraux anciens méritent une attention particulière ; des fragments de vitraux subsistent dans plusieurs verrières et six verrières du transept et du déambulatoire conservent encore en grande partie des éléments de la Renaissance. L'édifice est classé au titre des monuments historiques par arrêté du 15 novembre 1913 et n'a nécessité que des restaurations mineures depuis lors. Il est aujourd'hui le centre de la paroisse Saint‑François‑d'Assise du Vexin, qui regroupe quarante‑huit communes, et les messes dominicales y sont célébrées chaque dimanche à 11 h.

Implantée à mi‑pente à l'ouest de la commune, l'église occupe une terrasse aménagée dans l'enceinte du château, d'où découlent son orientation irrégulière — l'axe étant perpendiculaire à la pente — et son ouverture vers le nord‑est du côté du chevet. La terrasse, à peine plus large que l'édifice, est soutenue par des murs au sud et à l'est ; un haut mur de clôture masque la vue depuis l'ouest et empêche une lecture d'ensemble depuis les abords immédiats, si ce n'est depuis certains points situés en contrebas dans la vallée. Ces contraintes topographiques expliquent aussi que le portail principal ait été disposé dans le croisillon nord, sans portail orienté vers la ville.

Sous l'Ancien Régime, la paroisse dépendait de la juridiction particulière du prieuré établi dans l'enceinte du château ; la ville comptait par ailleurs plusieurs établissements religieux. La construction de l'église fut financée en grande partie par les familles seigneuriales locales, et le chantier, attribué pour une large part au maître‑maçon Nicolas Jouette dans les années 1530, semble avoir reposé dès l'origine sur un projet d'ensemble ; le type de piliers utilisé est lié aux réalisations de Robert Grappin et trouve des parallèles dans le Vexin. Le déambulatoire était achevé dès 1547 selon une inscription sur un vitrail, et l'édifice, hors clocher et portail, paraît achevé au début de 1554, comme l'atteste la consécration de ses autels. La datation du tympan Renaissance du portail a été avancée pour la période autour de 1560, tandis que les clés de voûte de facture renaissante se multiplient à partir des années 1540 ; le clocher, lui, relève nettement de la Renaissance et a pu être bâti sous le règne de Henri II ; la première travée de la nef ne fut jamais réalisée et le clocher nord n'a jamais dépassé quelques mètres de hauteur. La qualité d'une pierre locale à grain fin a contribué à l'état de conservation général ; des travaux ponctuels sur les toitures, les chéneaux et le mur de soutènement du chevet ont été menés au XXe siècle.

L'édifice présente un plan cruciforme irrégulier : une nef de trois travées flanquée de deux bas‑côtés, un transept débordant formé de croisillons à deux travées, un chœur à travée droite et abside pentagonale, un déambulatoire et une petite chapelle rectangulaire au nord. La sacristie s'implante au sud du bas‑côté sud et une tourelle d'escalier flanque l'angle nord‑est du croisillon nord. Voûtée d'ogives, l'église emploie pour le vaisseau central des voûtes à liernes et tiercerons, et les bas‑côtés, croisillons et déambulatoire utilisent des voûtes où liernes et tiercerons forment l'essentiel des nervures. Le vaisseau central se distingue par l'absence de triforium : les élévations se réduisent aux grandes arcades et à un étage de fenêtres hautes séparés par des murs aveugles, les fenêtres étant à deux formes en plein cintre surmontées d'une accolade en losange. Les voûtes de la nef sont relativement sobres, sans formerets, et les nervures se fondent dans des fûts cylindriques engagés ; les grandes arcades affichent une mouluration prismatique complexe et raffinée. Les quatorze piliers, tous identiques, reprennent un type attribué à Robert Grappin : un noyau losangé cantonné de quatre fûts cylindriques engagés, avec ondulations et arêtes formant des accolades, tandis que les bases et tailloirs restent d'une exécution plus simple.

Le transept, pleinement développé et voûté à la même hauteur que le vaisseau central, est exceptionnel pour la période flamboyante et comporte des bras composés de deux travées dont la seconde est plus courte. Les élévations et le traitement des parois varient entre premières et secondes travées, et la façade du croisillon nord, très ornée à l'extérieur, ne laisse guère de place pour un grand tympan intérieur, d'où l'implantation d'une rosace flamboyante. Les supports intermédiaires de certaines nervures descendent jusqu'au sol, procédé peu fréquent et exigeant dans la taille.

Les bas‑côtés et le déambulatoire, d'à peu près la moitié de la largeur du vaisseau central mais élevés à 9 m, offrent des fenêtres plus développées et des baies à trois formes en plein cintre surmontées de losanges et d'oculi allongés ; la chapelle Saint‑Louis conserve le seul remplage flamboyant complet de l'édifice. L'absence de chapelles rayonnantes au déambulatoire est une spécificité régionale héritée du plan francilien primitif. Les voûtes du déambulatoire présentent une grande diversité de dessin et de supports, certaines clés ayant été mutilées à la Révolution et d'autres ornées de motifs renaissants ; on y relève aussi un cul‑de‑lampe de facture Renaissance dans la chapelle Saint‑Louis.

La façade du croisillon nord combine deux niveaux d'élévation et un pignon, deux galeries à balustrades ajourées, une tourelle d'escalier décagonale et un portail à multiples voussures décorées de statuettes apostoliques, dais et frises de rinceaux ; le tympan, de facture renaissante et postérieur au portail proprement dit, réunit pilastres corinthiens et entablement autour d'un bas‑relief représentant la décollation de saint Jean‑Baptiste. La tourelle d'escalier, richement articulée en étages et ponctuée de rosaces, pinacles et niches, participe à la composition verticale de la façade. Le clocher, quant à lui, affirme un vocabulaire renaissance avec chapiteaux ioniques, entablement sculpté, balustrade et écussons, mais il reste inachevé aux étages supérieurs et couronné aujourd'hui par une toiture en pavillon masquant l'entablement.

Le mobilier et les œuvres d'art réunissent un orgue classé (instrument reconstruit en 1837, modifié et restauré, logé dans un buffet néo‑gothique et comprenant treize jeux), plusieurs tableaux des XVIIe au XIXe siècles dont un Baptême du Christ de la seconde moitié du XVIIe siècle classé, des statues anciennes — notamment un Christ de pitié et une statue de saint Jean‑Baptiste du XVIe siècle —, des fonts baptismaux, des confessionnaux et autres boiseries, ainsi qu'une cloche en bronze de Morel de Gisors classée. Les douze stalles d'origine, réalisées pour Gisors au début du XVIe siècle puis acquises pour Chaumont en 1721, constituent le mobilier sculpté le plus remarquable : appuie‑mains et miséricordes figurent animaux, scènes satiriques et personnages dont beaucoup ont été mutilés à la Révolution ; cet ensemble est classé au titre des objets. D'autres éléments mobiliers inscrits ou classés complètent l'ensemble liturgique.

Les vitraux formaient à l'origine un ensemble abondant de vingt‑neuf verrières polychromes figurées installées à la fin du XVIe siècle ; la Révolution en a détruit une grande part, mais subsistent des fragments et plusieurs verrières ou registres anciens concentrés dans le transept et le déambulatoire, ainsi que des panneaux et fragments de grande qualité qui ont fait l'objet de restaurations au XIXe siècle et dont certains éléments ont été retrouvés hors de France. Au total, l'église Saint‑Jean‑Baptiste se présente comme un des plus beaux exemples du gothique flamboyant tardif dans le Vexin français, enrichi d'apports de la Renaissance et doté d'un mobilier et de vitraux d'intérêt majeur, tout en restant un lieu de culte en activité.

Liens externes