Frise chronologique
IVe siècle
Première évangélisation
Première évangélisation
IVe siècle (≈ 450)
Construction de trois chapelles par Saint Hilaire.
681
Mention écrite des chapelles
Mention écrite des chapelles
681 (≈ 681)
Document relatant le transfert des reliques de Saint Léger.
XIIe siècle (vers 1164)
Construction de l'édifice actuel
Construction de l'édifice actuel
XIIe siècle (vers 1164) (≈ 1250)
Campagne majeure de travaux datée sur une colonne.
1584
Synode protestant
Synode protestant
1584 (≈ 1584)
Réunion de 23 pasteurs dans l'église inutilisée.
1883
Classement monument historique
Classement monument historique
1883 (≈ 1883)
Protection officielle de l'édifice par l'État.
1988-2007
Campagnes de restauration
Campagnes de restauration
1988-2007 (≈ 1998)
Rénovation des toitures, vitraux et parvis.
2019-2024
Valorisation touristique
Valorisation touristique
2019-2024 (≈ 2022)
Visites guidées et événements culturels réguliers.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 11 août 1883
Personnages clés
| Saint Hilaire - Évêque de Poitiers |
Évangélisateur des Gaules au IVe siècle. |
| Saint Léger - Évêque et martyr |
Reliques transférées en 681 via Jazeneuil. |
| Thierry Gilhodez - Maître-verrier contemporain |
Auteur du vitrail moderne de 1999. |
| Frères Guérithault - Artisans verriers (XIXe) |
Créateurs du vitrail du baptême du Christ (1869). |
Origine et histoire
L'église Saint-Jean-Baptiste de Jazeneuil, située dans le département de la Vienne en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice roman du XIIe siècle, classé monument historique en 1883. Elle se distingue par la qualité de sa sculpture et ses formes architecturales, typiques de l’art roman poitevin. Son emplacement était déjà occupé au IVe siècle par trois chapelles dédiées à la Vierge Marie, Sainte Geneviève et Saint Macou, mentionnées dans un document de 681 lors du transfert des reliques de Saint Léger. Ces chapelles dataient de la période d’évangélisation des Gaules par Saint Hilaire et Saint Martin.
Le vocable de Saint-Jean-Baptiste, attribué à l’église au XIIe siècle, pourrait être lié à la présence d’une source sous le chœur, symbolisant l’eau du baptême. Cette source, jaillissant dans la fontaine de Saint Macou, était réputée pour ses vertus curatives, notamment pour les enfants au développement retardé, surnommés « les Macouins ». L’édifice, lié à la châtellenie de Lusignan, partage des similitudes stylistiques avec l’église de ce village, reflétant une influence régionale marquée.
En 1584, l’église accueillit un synode protestant, témoignant de son rôle dans les tensions religieuses de l’époque. Après des siècles d’usure, elle fit l’objet de multiples campagnes de restauration à partir de 1988, incluant la réfection des toitures, la création de vitraux modernes (notamment ceux de Thierry Gilhodez en 1999), et la mise en valeur de son parvis. Depuis 2019, des initiatives locales, comme des visites guidées et des événements culturels, ont dynamisé sa préservation et son rayonnement touristique.
L’architecture de l’église allie simplicité et richesse décorative : une nef initialement à vaisseau unique, un transept saillant, et un chœur en hémicycle orné d’arcatures et de chapiteaux sculptés. La façade occidentale, avec son portail du XIIe siècle aux colonnettes finement ouvragées, contraste avec la baie gothique ajoutée plus tard. À l’intérieur, les voûtes sur croisées d’ogives du chœur, rares en Poitou, et les chapiteaux aux motifs variés (palmettes, monstres, colombes buvant dans un calice) illustrent un savoir-faire artistique exceptionnel.
Les vitraux, mêlant héritage et modernité, comptent parmi les éléments remarquables du site. Le vitrail du baptême du Christ (1869) par les frères Guérithault côtoie des créations contemporaines en verre fusionné, comme celle de Thierry Gilhodez, évoquant l’eau purificatrice. Ces ajouts, réalisés en collaboration avec le musée du vitrail de Curzay-sur-Vonne, soulignent la vitalité culturelle du monument.
Enfin, l’église conserve des traces de son histoire mouvementée, comme la disparition du bras nord du transept au XVIIe siècle ou les restaurations des XIXe et XXe siècles. Son mobilier, incluant un autel moderne et des statues de Sainte Radegonde et Saint Antoine de Padoue, complète un ensemble patrimonial à la fois sacré et historique, ancré dans le paysage religieux et architectural du Poitou.