Frise chronologique
XIIe siècle
Église romane primitive
Église romane primitive
XIIe siècle (≈ 1250)
Disparue, à caractère défensif, fondée par les Hospitaliers.
1339
Première mention écrite
Première mention écrite
1339 (≈ 1339)
Redevance au chapitre Saint-Seurin de Bordeaux.
XIVe siècle
Construction de l'église actuelle
Construction de l'église actuelle
XIVe siècle (≈ 1450)
Tour clocher défensive et nef simple ajoutées.
XVe siècle
Voûtes en ogive
Voûtes en ogive
XVe siècle (≈ 1550)
Nef centrale et chœur voûtés, fenêtres à vitraux.
vers 1770
Agrandissement sud
Agrandissement sud
vers 1770 (≈ 1770)
Chapelle collatérale dédiée à la Vierge Marie.
1862-1874
Construction du bas-côté nord
Construction du bas-côté nord
1862-1874 (≈ 1868)
Architecte Ozanne, dédié à Saint Joseph.
13 février 1969
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
13 février 1969 (≈ 1969)
Inscription à l’inventaire des MH.
1977
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1977 (≈ 1977)
Flèche polygonale en bardeaux de châtaignier.
2010
Rénovation du clocher
Rénovation du clocher
2010 (≈ 2010)
Recouvert de bardeaux de châtaignier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AB 12) : inscription par arrêté du 13 février 1969
Personnages clés
| François Ier - Roi de France |
Emblème (salamandre) présent sur une clef de voûte. |
| Claude de France - Reine consort |
Représentée avec François Ier sur la clef de voûte. |
| Alexandre Ozanne - Architecte départemental |
Conçoit le bas-côté nord (1862-1874). |
Origine et histoire
L’église Saint-Jean-Baptiste de Mézos, située dans le département des Landes en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice gothique construit au XIVe siècle par les Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Elle remplace une église romane primitive du XIIe siècle, aujourd’hui disparue, qui avait un caractère défensif. La tour carrée du clocher, la partie la plus ancienne, présente des traces de son rôle protecteur : murs épais, meurtrières et emplacement de mâchicoulis, liés aux troubles de la guerre de Cent Ans. Ce clocher servait aussi de refuge pour les habitants en cas d’agression.
L’église, à trois vaisseaux, se distingue par son chœur à travée droite et son abside à trois pans, ainsi que par son clocher-porche surmonté d’une flèche polygonale. À l’intérieur, une pierre sculptée représentant une ramification de l’arbre de Jessé soutient une nervure de la voûte, bien que son origine exacte (créée pour l’église ou récupérée) reste incertaine. Une clef de voûte du bas-côté droit, ornée d’un écu fleurdelysé, d’un couple et d’une salamandre – emblème du roi François Ier –, évoque le souverain et son épouse Claude de France. L’édifice, initialement recouvert d’un enduit, a été décapé en 1981.
L’histoire de l’église est marquée par plusieurs agrandissements répondant à la croissance démographique. Au XVIIIe siècle (vers 1770), une chapelle collatérale sud dédiée à la Vierge Marie est ajoutée. Puis, entre 1862 et 1874, l’architecte départemental Alexandre Ozanne construit le bas-côté nord, consacré à Saint Joseph, pour accueillir les 1 800 habitants que compte alors Mézos. En 1924, des rénovations intérieures (peintures, sacristie) et l’ouverture d’une porte ogivale sur la façade ouest transforment l’accès à la nef. Le clocher, reconstruit à plusieurs reprises (notamment en 1697, 1909 et 1977), est aujourd’hui recouvert de bardeaux de châtaignier depuis 2010.
Le mobilier de l’église inclut des éléments remarquables comme une Vierge de pitié (pietà), des autels dédiés à la Vierge et à Saint Joseph, un chemin de croix, et des statues (Vierge dorée, Saint Louis). Les vitraux, rénovés vers 1890, éclairent une nef voûtée d’ogives au XVe siècle, tandis que des peintures du chœur représentent des scènes bibliques (Jésus bénissant les enfants, Résurrection de Lazare). À proximité, les ruines de la chapelle Saint-Pierre, également liée à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et la fontaine des Argileyres, dédiée à Sainte Rose, témoignent d’un patrimoine religieux et thérapeutique local.
Classée à l’inventaire des monuments historiques depuis le 13 février 1969, l’église Saint-Jean-Baptiste illustre l’évolution architecturale et sociale de Mézos, des conflits médiévaux à son rôle central dans la vie paroissiale moderne. Son mélange de styles (roman, gothique, néogothique) et ses symboles royaux ou religieux en font un témoin privilégié de l’histoire landaise.