Église Saint-Jean-Baptiste de Monprimblanc en Gironde

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise romane Eglise néo-gothique

Église Saint-Jean-Baptiste de Monprimblanc

  • A l'Église
  • 33410 Monprimblanc
Église Saint-Jean-Baptiste de Monprimblanc
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Église Saint-Jean-Baptiste de Monprimblanc
Crédit photo : Henry SALOMÉ - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1600
1700
1800
1900
2000
Fin du XIe siècle ou XIIe siècle
Construction romane initiale
XVe ou XVIe siècle
Ajout d'un étage de défense
XVIIe siècle
Ajout de la chapelle méridionale
Années 1830
Construction de la chapelle nord
XVIIIe siècle
Construction de la sacristie septentrionale
1887-1888
Transformation de la partie ouest
1887-1909
Construction de la sacristie sud
29 décembre 1981
Inscription au titre des monuments historiques
14 octobre 1997
Inscription à l'inventaire général
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'abside (cad. C 285) : inscription par arrêté du 29 décembre 1981

Personnages clés

Edmond-Jean Hosteing Architecte bordelais ayant transformé la partie ouest de l'église en 1887-1888.
Léo Drouyn Auteur ayant relevé et analysé des modillons qualifiés d'obscènes.

Origine et histoire de l'Église Saint-Jean-Baptiste

L’église Saint-Jean-Baptiste de Monprimblanc, située dans la partie ouest du bourg de la commune de Monprimblanc en Gironde, est mentionnée pour la première fois en 1326. La partie romane pourrait remonter à la fin du XIe siècle ou au XIIe siècle ; la nef et le chœur sont attribués à cette période et l’arc triomphal retombe sur deux chapiteaux historiés. Le chevet conserve sa corniche portée par des modillons et un étage de défense ajouté aux XVe ou XVIe siècles, percé de fentes de tir. À l’origine, l’édifice se composait d’une nef terminée par une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four ; une partie d’un clocher-mur subsiste au niveau de l’arc triomphal. La chapelle méridionale a été ajoutée au XVIIe siècle, la sacristie septentrionale au XVIIIe siècle et le mur sud de la nef a été reconstruit en 1785. La chapelle nord, qui forme un faux transept avec la chapelle sud, a été édifiée dans les années 1830 et des peintures en trompe-l’œil néo-gothiques y ont été réalisées à ce moment. L’architecte bordelais Edmond-Jean Hosteing a transformé la partie ouest par l’édification d’un clocher-porche en 1887-1888 ; la sacristie sud a été construite entre 1887 et 1909. Une croix de cimetière, datée de la fin du XVe siècle, se dresse dans l’enclos qui entoure l’église. L’abside romane est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du 29 décembre 1981.

Seule l’abside a conservé sa sculpture romane : à l’extérieur, quatorze modillons sculptés soutiennent la corniche et proposent un répertoire moraliste classique ; à l’intérieur, deux chapiteaux historiés supportent l’arc triomphal et ont été inscrits à l’inventaire général du patrimoine culturel le 14 octobre 1997. Les modillons du chevet représentent animaux (taureau, cochon, bouc, ours) et scènes symboliques qui dénoncent les péchés : une Eucharistie dite « sacrilège » montrant deux personnages consommant une hostie et du vin, des coquilles de pèlerinage, des figures liées à la musique profane, un homme ithyphallique, un couple enlacé et la figure dite de l’homme « inverti » évoquant la sodomie. Sur le mur sud de la nef subsiste un modillon de remploi représentant le buste d’un homme dont la main droite touche ses cheveux et la main gauche caresse sa barbe ; ces gestes ont été interprétés comme des signes de vanité et de connotation sexuelle. Léo Drouyn a relevé trois modillons qualifiés « d’obscènes » : un homme caressant une femme, un homme accroupi exhibant son sexe et un autre présentant ses fesses.

L’arc triomphal s’appuie sur deux chapiteaux dont la lecture détaillée a fait l’objet d’analyses distinctes. L’un présente une scène identifiée comme « Daniel entouré de lions et d’oiseaux » avec un tailloir orné de rinceaux et de palmettes ; l’autre montre, sur sa face antérieure, une figure centrale encadrée par hommes nus et personnages vêtus, posés au‑dessus d’oiseaux. L’analyse approfondie de Bougoux propose une interprétation plus complexe : sur une corbeille apparaissent un danseur barbu au centre, des hommes nus qui l’entourent et des oiseaux agissants qui picorent et saisissent les plis des vêtements, formant une scène de danse associée à des comportement licencieux ; le chapiteau opposé représente une danseuse entourée de chiens et d’oiseaux, eux aussi focalisés sur le mouvement de la femme. Ces deux chapiteaux sont ainsi compris comme une mise en garde contre les excès moraux de la danse profane et les débordements sexuels qu’elle entraîne.

Liens externes