Origine et histoire de l'Église Saint-Jean-Baptiste
L’église Saint-Jean-Baptiste de Montépilloy, située dans l’Oise (Hauts-de-France), est un édifice complexe issu de trois campagnes de construction distinctes. Les murs et fenêtres latérales des trois premières travées, de style gothique primitif, datent de la fin du XIIe siècle. Le portail occidental et les faisceaux de colonnettes intérieures, de style rayonnant tardif (1320–1340), témoignent d’une première transformation majeure. Les voûtes gothiques flamboyantes et les fenêtres élaborées de la dernière travée, ajoutées au début du XVIe siècle, achèvent son évolution architecturale.
Fondée avant 1189, la paroisse était initialement sous le patronage du chapitre Notre-Dame de Senlis, avant d’être cédée à l’abbaye d’Hérivaux vers 1209. Un prieuré bénédictin y fut établi, assurant le service paroissial jusqu’à la Révolution. L’église, dédiée à saint Jean-Baptiste, fut revoûtée à plusieurs reprises, avec des chapiteaux partiels et des frises sculptées subsistant comme vestiges des campagnes médiévales. Son mobilier inclut des fonts baptismaux du XIVe siècle, classés monument historique en 1912.
Le portail occidental, qualifié de « charmant » par les historiens, présente une double archivolte et des colonnettes finement ouvragées, comparables à ceux de la chapelle de Tillard (1342). À l’intérieur, les voûtes à clés sculptées (Agnus Dei, écussons) et les fenêtres à réseaux flamboyants créent une atmosphère élégante. L’édifice, inscrit aux monuments historiques en 1971, conserve un bon état général malgré la démolition de son clocher au XXe siècle. Aujourd’hui, l’église n’accueille plus d’offices réguliers mais reste ouverte au public le premier samedi de chaque mois.
La structure extérieure, marquée par des contreforts massifs et une corniche rare dans la région, reflète les influences bourguignonnes. Les vitraux Renaissance, partiellement conservés, et les piscines liturgiques des troisième et quatrième travées soulignent son usage paroissial historique. Le sol, pavé de dalles funéraires médiévales, rappelle son rôle central dans la vie communautaire depuis le Moyen Âge.
Sous la Révolution, la paroisse fut rattachée au diocèse de Beauvais, puis à celui d’Amiens (1801–1822), avant de rejoindre la grande paroisse Saint-Rieul de Senlis en 1996. Le dernier prêtre résident, le père Jean Gégot, y célébra des messes jusqu’à sa mort en 2019, marquant la fin des offices réguliers. L’église, propriété communale, reste un témoignage architectural majeur de l’évolution des styles gothiques en Picardie.
Les sources historiques, dont les travaux de Pierre-Jean Trombetta et Dominique Vermand, soulignent son originalité : absence de tourelle d’escalier, accès aux combles par une trappe, et mélange unique de styles. Les comparaisons avec des édifices comme la chapelle de Tillard ou Notre-Dame de Paris (clôture du chœur, 1318) précisent sa datation et son ancrage dans l’art religieux médiéval.